Tribunal de commerce d’Arras, le 16 janvier 2025, n°2025000309

La juridiction de première instance a été saisie par voie d’assignation d’une demande en résolution d’un contrat de vente. À l’audience, le demandeur a sollicité le retrait du rôle, le défendeur étant absent. Le Tribunal de commerce d’Arras, par jugement du 5 septembre 2025, a rejeté cette demande et prononcé la radiation administrative du dossier. La décision soulève la question de l’interprétation des conditions procédurales requises pour un retrait du rôle. Le tribunal a jugé que cette demande devait être écrite et motivée par l’ensemble des parties, ce qui faisait défaut en l’espèce. Il convient d’analyser cette application stricte des textes, puis d’en mesurer les conséquences pratiques.

**Une application littérale des conditions du retrait du rôle**

Le tribunal fonde sa décision sur une lecture rigoureuse de l’article 382 du Code de procédure civile. Il relève que la demande de retrait du rôle “doit être écrite et motivée par l’ensemble des parties”. Cette exigence formelle n’étant pas remplie, le juge refuse d’y faire droit. Cette solution rappelle le caractère impératif des règles de procédure. Elle protège la sécurité juridique et le principe du contradictoire. Le juge ne peut accéder à une demande unilatérale qui priverait l’instance de sa conclusion normale. La radiation administrative apparaît alors comme la seule issue possible. Elle permet de clore temporairement la procédure sans préjuger du fond. Cette interprétation stricte évite tout arbitraire et garantit l’égalité des parties devant la justice.

**Les implications procédurales d’une radiation administrative**

La décision produit des effets précis sur le déroulement futur de l’instance. Le jugement précise que l’affaire “sera rétablie à la demande de la partie la plus diligente et par voie d’assignation”. Cette formule en rappelle le caractère provisoire. La radiation n’éteint pas l’action. Elle suspend simplement la procédure en l’état. Cette solution préserve les droits du demandeur initial. Elle lui évite une péremption prématurée de l’instance. Le recours à une nouvelle assignation réintroduit cependant une formalité lourde. Cette approche peut sembler formaliste. Elle assure néanmoins une reprise de l’instance dans des conditions claires. Elle réaffirme la maîtrise par chaque partie de l’introduction de la demande.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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