Tribunal de commerce de Saint-Etienne, le 28 janvier 2025, n°2024J01764

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, par jugement du 28 janvier 2025, a condamné une caution personnelle et solidaire au paiement de la somme garantie. La société débitrice principale avait été placée en liquidation judiciaire. La banque créancière avait régulièrement mis en demeure la caution après la déclaration de créance. La défenderesse, non comparante, n’a soulevé aucune contestation. Le tribunal a accueilli les demandes principales tout en modérant l’indemnité sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Cette décision invite à réfléchir sur le formalisme requis pour la mise en œuvre du cautionnement et sur le contrôle judiciaire des clauses pénales procédurales.

La décision rappelle les conditions strictes de l’engagement de la caution. Le juge constate que la demanderesse justifie ses prétentions par la production de l’acte de cautionnement et de la fiche patrimoniale. Il relève également la régularité de la mise en demeure adressée postérieurement à la déclaration de créance dans la procédure collective. Le tribunal applique ainsi une jurisprudence constante exigeant la preuve de l’étendue de l’engagement et le respect des formalités de poursuite. La solution est conforme aux articles 1103 et suivants du code civil. Elle illustre la rigueur procédurale attachée aux sûretés personnelles. L’absence de contestation de la part de la caution a toutefois facilité la tâche du juge. Le raisonnement se limite à un constat de régularité formelle des pièces versées aux débats. Cette approche garantit la sécurité juridique des opérations de crédit. Elle assure l’effectivité du cautionnement dès lors que les conditions légales sont remplies.

Le jugement opère un contrôle modérateur sur la demande d’indemnité au titre des frais irrépétibles. Le tribunal estime que la demande initiale de mille euros est excessive. Il use de son pouvoir souverain pour la ramener à cinq cents euros. Le juge motive cette réduction par des considérations d’équité. Il note que « pour faire valoir ses droits [la banque] a dû engager des frais qu’il serait inéquitable de laisser à sa charge ». Ce pouvoir d’appréciation est traditionnel en application de l’article 700 du code de procédure civile. La décision montre l’autonomie de cette condamnation par rapport au bien-fondé de l’action principale. Même victorieuse, la partie ne peut obtenir la totalité des frais exposés sans justification. Cette modération peut s’analyser comme une forme de pondération des prérogatives du créancier. Elle évite que l’indemnisation ne devienne une charge disproportionnée pour le débiteur défaillant. La solution témoigne d’un équilibre entre l’indemnisation effective des frais de procédure et la prévention des abus.

La portée de ce jugement est avant tout pratique. Il s’agit d’une application routinière du droit des sûretés et de la procédure civile. La décision n’innove pas sur le plan juridique. Elle rappelle utilement l’importance du respect des formalités pour les créanciers. La production d’un dossier complet et ordonné est essentielle en cas de défaut de comparution. Le contrôle exercé sur l’article 700 incite les parties à modérer leurs demandes indemnitaires. Cette jurisprudence participe à la saine administration de la justice. Elle évite l’encombrement des tribunaux par des contestations inutiles sur des points secondaires. Le jugement illustre le rôle du juge dans la sanction des engagements tout en tempérant les excès éventuels. Sa valeur réside dans sa clarté et son application sans ambiguïté des principes établis.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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