Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 8 juillet 2025, n°2025016485

Le Tribunal de commerce de Lille-Métropole, par jugement du 8 juillet 2025, ouvre une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre d’une société. La déclaration de cessation des paiements, régularisée le 2 juillet 2025, révèle un passif exigible de 87 000 euros sans actif disponible. Le tribunal constate l’impossibilité de présenter un plan de redressement. Il fixe la date de cessation des paiements au 31 mars 2025 et désigne les organes de la procédure. La décision soulève la question de l’appréciation de l’état de cessation des paiements et des conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal retient une définition stricte de la cessation des paiements pour prononcer la liquidation.

**L’appréciation rigoureuse de l’état de cessation des paiements**

Le tribunal fonde sa décision sur une analyse précise des éléments constitutifs de la cessation des paiements. Il relève « l’impossibilité de faire face au passif exigible échu de 87.000,00 euros avec son actif disponible en banque inexistant ». Cette formulation reprend les termes de l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle démontre une application concrète du critère de l’exigibilité du passif et de la disponibilité de l’actif. L’insuffisance d’actif est ainsi caractérisée de manière arithmétique et certaine. Le tribunal écarte toute possibilité de redressement. Il estime qu’ »il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif ». Cette appréciation in concreto est essentielle. Elle justifie le passage direct à la liquidation judiciaire. La date de cessation des paiements est fixée au 31 mars 2025. Ce choix se fonde sur le caractère impayé de cotisations patronales. Il illustre le pouvoir souverain des juges pour déterminer ce point de fait.

**La mise en œuvre immédiate d’une liquidation judiciaire simplifiée**

La décision organise les conséquences pratiques de l’ouverture de la procédure. Le tribunal applique le régime de la liquidation judiciaire de droit commun. Il nomme sans délai un juge-commissaire et un liquidateur. Il commet également un commissaire de justice pour dresser inventaire. Ces désignations sont impératives pour assurer le bon déroulement de la procédure. Le jugement anticipe explicitement l’application possible des règles simplifiées. Il enjoint au liquidateur d’établir un rapport « afin que Monsieur le Président du Tribunal de céans puisse statuer sur l’application des règles de la liquidation judiciaire simplifiée ». Cette mention rappelle le caractère subsidiaire de ce régime. Il est subordonné à une décision ultérieure du président du tribunal. La procédure est calibrée pour une clôture rapide. Le tribunal ordonne que « l’affaire sera appelée au rôle dans les 18 mois pour clôture ». Cette temporalité contrainte vise à garantir une liquidation efficace. Elle protège les intérêts des créanciers dans un cadre légal strict.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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