Chambre civile, Cour de cassation, le 14 novembre 2024, n° 22-16.471

Sommaire rédigé par l’IA

Référence de l’arrêt : Arrêt n° 605 FS-B, Pourvoi n° G 22-16.471, Audience publique du 14 novembre 2024, Cour de cassation, Première chambre civile.

Synthèse des faits : M. [B], de nationalité roumaine et en situation irrégulière en France, a été placé en rétention administrative le 3 novembre 2021 après une mesure de garde à vue. Il conteste cette décision et le préfet demande une prolongation de la rétention.

Synthèse de la réponse de la Cour de cassation : La Cour de cassation a cassé l’ordonnance du premier président de la cour d’appel de Paris qui avait autorisé la prolongation de la rétention administrative de M. [B]. La Cour a constaté que le juge des libertés et de la détention avait excédé ses pouvoirs en requalifiant les faits ayant servi de fondement à la garde à vue. Il ne peut changer la qualification chose qui avait été maintenue tout au long de la mesure sans raisons plausibles initiales. La cassation est prononcée sans renvoi, car les délais légaux sont expirés, et il n’y a plus à statuer sur le fond.

Commentaire d’arrêt rédigé par l’IA :

Commentaire d’arrêt de la Cour de cassation, Première chambre civile, 14 novembre 2024

I. Présentation de la décision

La décision commentée est un arrêt rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation le 14 novembre 2024. XXX concerne la question de la compétence du juge des libertés et de la détention (JLD) en matière de requalification des faits ayant conduit à une mesure de garde à vue précédant un placement en rétention administrative. M. [B], de nationalité roumaine et en situation irrégulière en France, a été placé en rétention administrative suite à une garde à vue. Il a contesté la prolongation de sa rétention, mais sa demande a été rejetée par le premier président de la cour d’appel de Paris, décision contre laquXXX il s’est pourvu en cassation.

II. Sens de la décision

Le problème juridique posé XXX de savoir si le XXX, saisi pour statuer sur une demande de prolongation de rétention administrative, peut requalifier les faits ayant justifié une mesure de garde à vue antérieure. Pour répondre à cette question, la Cour de cassation s’est fondée sur des articles du code de procédure pénale, lesquels précisent que seul le procureur de la République a la compétence pour modifier la qualification des faits notifiée à une personne placée en garde à vue.

La Cour de cassation a jugé que le premier président avait outrepassé ses pouvoirs en requalifiant les faits justifiant la garde à vue de M. [B] afin de justifier une prolongation de la rétention administrative. Elle rappelle que, si une requalification des faits doit intervenir, elle est du ressort du procureur de la République. Le JLD ne peut substituer sa propre appréciation à celle initiale en l’absence de modification formelle par le procureur.

III. Valeur de la décision

La décision de la Cour de cassation est cohérente avec les principes de séparation des pouvoirs et de protection des droits individuels. XXX réaffirme l’importance des prérogatives du procureur de la République en matière de garde à vue, garantissant ainsi la protection des libertés individuXXXs face à l’arbitraire du pouvoir judiciaire. En limitant le pouvoir de requalification des faits par le JLD, la Cour de cassation préserve la présomption d’innocence et les droits de la défense, soulignant que la procédure doit rester équitable et transparente.

Cependant, cette décision peut être critiquée pour sa rigueur, en ce qu’elle impose aux personnes en situation irrégulière des contraintes procédurales strictes. En effet, une application trop stricte des textes pourrait restreindre la marge d’appréciation des juges du fond dans l’organisation des débats sur la légalité des mesures de rétention.

IV. Portée de la décision

La portée de cet arrêt est double : elle clarifie la répartition des compétences entre les différentes autorités judiciaires en matière de garde à vue et de rétention administrative, et elle renforce le rôle du procureur dans la qualification des faits. Cette décision s’inscrit dans une jurisprudence constante visant à garantir le respect des droits fondamentaux des étrangers en situation de rétention administrative, tout en clarifiant les limites de l’intervention du JLD. En conséquence, elle pourrait inciter à une plus grande vigilance dans la conduite des procédures affectant les libertés individuelles, et amener une révision attentive des pratiques administratives et judiciaires en matière de rétention administrative.

Enfin, cet arrêt pourrait également avoir des implications sur le plan international, notamment à l’égard des engagements de la France en matière de droits de l’Homme, en renforçant les garanties procédurales accordées aux étrangers en rétention.

Texte intégral de la décision :

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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