Tribunal de commerce de Meaux, le 7 janvier 2025, n°2024012837

Le Tribunal de commerce de Meaux, statuant le 7 janvier 2025, a été saisi d’une demande en paiement formulée par une société de crédit-bail. Cette dernière sollicitait la condamnation solidaire d’une société débitrice et d’une caution personnelle au paiement du solde d’une créance résultant d’un contrat résilié. Les défendeurs, non comparants, n’ont pas contesté les prétentions du créancier. Le tribunal a accueilli la demande principale mais a réduit l’indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Cette décision illustre les effets de la caution solidaire et rappelle les conditions de mise en œuvre de la procédure en l’absence de contradiction.

**I. La confirmation des effets attachés à l’engagement de la caution solidaire**

Le jugement rappelle d’abord les conditions de validité et d’exigibilité de l’obligation cautionnée. Le tribunal constate que la créance est « certaine, liquide et exigible » au vu des pièces versées aux débats. Il s’agit notamment du contrat de crédit-bail paraphé, de l’engagement de caution et des courriers de mise en demeure. Cette qualification permet de fonder la condamnation sans qu’un débat contradictoire ne soit nécessaire. La solution applique strictement les principes généraux du droit des obligations. Elle s’appuie sur une documentation complète produite par le créancier.

L’autorité de la chose jugée s’étend ensuite à la solidarité entre le débiteur principal et la caution. Le dispositif condamne solidairement les deux parties défenderesses au paiement du principal et des intérêts. Le tribunal retient ainsi la nature accessoire et solidaire de l’engagement souscrit. Il applique sans discussion les articles 2298 et suivants du code civil. La caution ne peut invoquer le bénéfice de discussion dès lors que son engagement est expressément solidaire. La décision est classique et conforme à la jurisprudence constante sur les effets de la solidarité.

**II. L’exercice du pouvoir d’appréciation du juge sur les frais irrépétibles**

Le jugement manifeste un contrôle souverain sur la demande fondée sur l’article 700 du code de procédure civile. Le créancier réclamait une indemnité de 2 500 euros. Le tribunal en alloue seulement 500 euros, considérant cette somme équitable au regard des frais engagés. Il use de son pouvoir d’appréciation pour modérer la demande. Le juge estime qu’il « serait inéquitable de laisser entièrement [les frais] à sa charge ». Cette réduction intervient malgré le succès intégral du demandeur sur le fond.

Cette modération peut s’analyser comme une prise en compte des circonstances procédurales. L’absence de défense des codébiteurs a simplifié l’instance. Le juge en déduit que les frais exposés n’étaient pas nécessairement élevés. La solution rappelle que l’indemnité de l’article 700 n’a pas un caractère automatique. Son octroi et son quantum relèvent de l’appréciation des juges du fond. La décision s’inscrit dans une jurisprudence habituelle qui subordonne l’allocation à la démonstration d’un préjudice procédural réel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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