Cour d’appel de Riom, le 3 mars 2026, n°25/01788

La Cour d’appel de Riom, le 3 mars 2026, statue sur un déféré contre une ordonnance de caducité de l’appel. La société appelante s’était désistée de sa procédure après la clôture des débats. Le liquidateur judiciaire de l’intimée a accepté ce désistement. La juridiction doit déterminer les effets procéduraux de cette acceptation tardive. Elle constate le désistement et en tire les conséquences légales. L’arrêt rappelle le régime du désistement d’appel accepté après clôture de l’instruction. Il précise ses effets sur le fond du litige et sur les frais de l’instance.

Le désistement accepté après clôture produit ses pleins effets extinctifs.

L’article 403 du code de procédure civile régit le désistement d’instance. Il prévoit qu’un désistement accepté par la partie adverse emporte acquiescement à la décision attaquée. La Cour d’appel de Riom applique strictement cette règle. Elle constate que le désistement de l’appelante est accepté par l’intimée. Elle en déduit logiquement qu’il “produit donc son effet extinctif et emporte acquiescemment au jugement”. L’arrêt suit une interprétation littérale du texte. Le désistement met fin à l’instance d’appel. Il rend définitif le jugement de première instance condamnant l’appelant. La solution est classique et sécurise la fin des procédures. Elle évite toute incertitude sur le sort de l’affaire. Le juge n’a pas à contrôler le bien-fondé du désistement. Son rôle se limite à constater l’accord des volontés. La décision renforce ainsi l’autonomie procédurale des parties. Elle consacre le principe dispositif en matière civile.

L’arrêt rappelle également le régime des frais liés au désistement. L’article 403 prévoit la charge des frais par le désistant. La cour note que “le désistement emporte, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte”. Les parties sont cependant convenues de supporter chacune leurs propres frais. La cour entérine cet accord dérogatoire. Elle adapte ainsi la solution légale à la volonté des plaideurs. Cette souplesse est conforme à l’économie du procès civil. Elle favorise les arrangements entre parties en fin de litige.

La décision illustre l’équilibre entre rigueur procédurale et autonomie des parties.

La solution retenue assure une application prévisible du droit. Elle garantit la stabilité des situations juridiques après un désistement. L’acquiescement au jugement évite toute relance du litige sur le fond. Cette sécurité juridique est essentielle pour l’efficacité de la justice. La décision s’inscrit dans une jurisprudence constante. Elle confirme que l’acceptation du désistement, même tardive, produit ses effets. Le moment de cette acceptation ne modifie pas la nature de l’acte. La cour écarte toute velléité de remettre en cause le désistement. Elle ferme la porte à des manœuvres dilatoires potentielles. La procédure est ainsi définitivement éteinte.

Cependant, la décision soulève une question pratique. L’acceptation du désistement est intervenue après la clôture de l’instruction. Certains pourraient y voir une contradiction procédurale. La cour ne s’arrête pas à cet aspect. Elle privilégie la volonté commune des parties de mettre fin au litige. Cette approche pragmatique mérite d’être soulignée. Elle évite un formalisme excessif qui nuirait à l’esprit du procès. La solution concilie ainsi le respect des textes et les réalités de l’instance. Elle témoigne d’une certaine modernité dans l’application du droit processuel. La portée de l’arrêt reste néanmoins limitée. Il s’agit d’une application standard des articles 400 et suivants du code de procédure civile. La décision n’innove pas mais rappelle utilement des principes bien établis. Elle sert de rappel à la pratique sur les effets du désistement accepté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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