Cour d’appel de Limoges, le 7 février 2011, n°09/01631

L’arrêt rendu par la Cour d’appel de Limoges le 7 février 2011 confirme un jugement prononçant un divorce aux torts exclusifs du mari et statue sur ses conséquences pécuniaires. Les époux, mariés depuis 1983 sans contrat, ont deux enfants majeurs. La demande en divorce est fondée sur l’abandon du domicile conjugal par le mari pour vivre avec une autre personne. Le premier juge a fixé les effets du divorce au 1er janvier 2004, accordé à l’épouse l’usage du nom marital, alloué une prestation compensatoire de 150 000 euros et une pension alimentaire de 1 200 euros pour les enfants. Le mari fait appel de ces décisions. La Cour d’appel rejette son appel et confirme intégralement le jugement déféré. La question de droit posée est celle de la détermination des conséquences financières du divorce, notamment la prestation compensatoire et la contribution à l’entretien des enfants majeurs, au regard des fautes commises et des situations respectives des époux. La solution retenue confirme la condamnation du mari à ces divers titres.

**La confirmation d’une appréciation souveraine des fautes et de leurs effets**

La cour d’appel exerce son pouvoir souverain pour qualifier les faits et en déduire les conséquences juridiques. Elle retient que l’abandon du domicile conjugal constitue une “violation grave des devoirs du mariage” imputable au mari, rendant “intolérable le maintien de la vie commune”. Elle écarte les griefs réciproques en estimant que les reproches formulés par le mari à l’encontre de son épouse “demeurent sans effet sur les fautes reprochées”. Cette approche stricte de l’appréciation des torts permet de fonder solidement le divorce à ses torts exclusifs. La date de rupture de la vie commune est fixée au 1er janvier 2004, correspondant à la séparation des époux. Cette détermination est essentielle pour le calcul des prestations pécuniaires. La cour valide également l’autorisation donnée à l’épouse de conserver l’usage du nom marital, en considération de “la durée du mariage et du fait que les deux enfants vivent avec elle”. Ces motifs illustrent le large pouvoir d’appréciation des juges du fond dans la mise en œuvre des dispositions du divorce pour faute.

**La consécration d’une indemnisation globale de la situation créée par le mariage**

La décision procède à une évaluation concrète des situations pour fixer les prestations financières. Concernant la prestation compensatoire, la cour relève que l’épouse “a cessé toute activité professionnelle lors de la naissance des enfants” et a assuré le secrétariat de son mari “sans aucune rétribution”. Elle note que ce choix commun “la priv[ait] des droits à la retraite”. Face à des revenus mensuels du mari évalués à 6 280 euros, elle confirme le capital de 150 000 euros. Cette somme vise à compenser la disparité que la rupture crée dans les conditions de vie. Pour la contribution à l’entretien des enfants majeurs, la cour prend acte de leur statut d’étudiantes et de leurs frais de logement. Elle maintient la pension de 1 200 euros mensuels, considérant que le père doit y contribuer. Ces évaluations témoignent d’une recherche d’équité visant à réparer les conséquences économiques du divorce, en tenant compte des sacrifices consentis pendant le mariage et des besoins présents.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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