Cour d’appel de Bastia, le 1 décembre 2010, n°10/00191

L’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bastia le 1er décembre 2010 se prononce sur l’obligation au remboursement d’une caution ayant payé les loyers dus par un locataire défaillant. Le Tribunal d’instance d’Ajaccio avait débouté la caution de sa demande, estimant qu’elle n’apportait pas la preuve des versements effectués au bailleur. La Cour d’appel infirme cette décision au vu de la production d’une quittance subrogative. La question posée est celle de la preuve de l’exécution de l’obligation de la caution envers le bailleur et de son droit au remboursement contre le débiteur principal. La solution retenue admet que la quittance subrogative constitue un moyen de preuve suffisant pour établir le paiement et fonder l’action en remboursement.

La Cour d’appel opère d’abord une clarification probatoire rigoureuse au service de la sécurité des transactions. Le jugement de première instance avait rejeté la demande au motif que l’association “n’établissait pas la réalité des versements”. La Cour constate inversement que l’appelante “a justifié, par la production de la quittance subrogative établie le 6 mars 2010 par le bailleur, s’être acquittée” des sommes dues. Elle valide ainsi un mode de preuve écrit qui atteste du transfert de propriété de la créance. Cette solution s’inscrit dans la logique de l’article 1328 du code civil, exigeant un écrit pour constater un paiement. Elle sécurise la position de la caution en lui offrant un instrument probatoire fiable. La jurisprudence antérieure exigeait parfois des justificatifs plus détaillés. L’arrêt simplifie cette exigence et facilite l’exercice des recours.

L’arrêt consacre ensuite un équilibre contractuel protecteur des intérêts de la caution solidaire. La Cour relève que le locataire, “bien que valablement assigné, ne justifie pas avoir procédé au règlement des sommes versées au bailleur pour son compte malgré un délai de 36 mois”. Elle tire les conséquences du défaut de remboursement en condamnant le débiteur principal. Cette solution applique strictement les articles 2306 et suivants du code civil sur la subrogation et le remboursement de la caution. Elle protège efficacement la caution qui a exécuté son obligation. La décision évite un formalisme excessif qui aurait pu faire obstacle à son droit. Elle rappelle que la caution dispose d’une action directe contre le débiteur principal dès son paiement. La portée de l’arrêt est pratique. Il offre une guidance utile pour les cautions devant prouver leur paiement. La solution pourrait être étendue à d’autres garanties similaires. Elle renforce la force obligatoire du contrat de cautionnement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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