Tribunal de commerce de Saint-Etienne, le 8 janvier 2025, n°2024F02035

Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, par jugement du 8 janvier 2025, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société. La société avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 19 décembre 2024. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Le ministère public requiert l’ouverture d’une liquidation. La question est de savoir si les conditions d’application de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée sont réunies. Le tribunal retient cette procédure spéciale et en précise le cadre.

**La constatation des conditions légales de la liquidation judiciaire**

Le tribunal vérifie d’abord les conditions de fond de l’ouverture. Il relève que la société “est en état de cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible”. Cette double condition est exigée par l’article L. 640-1 du code de commerce. Le jugement s’appuie sur les informations recueillies en chambre du conseil. Il suit les réquisitions du ministère public. La date de cessation des paiements est fixée au 14 décembre 2024. Cette fixation est essentielle pour la période suspecte.

Le tribunal examine ensuite les conditions spécifiques de la liquidation simplifiée. Il note que “l’actif de l’entreprise ne comprend aucun bien immobilier”. Il ajoute que “l’entreprise est en dessous des seuils fixés à l’article D. 641-10 alinéa 1”. Ces constatations factuelles sont décisives. Elles permettent de “faire application à la procédure des modalités de la liquidation judiciaire simplifiée”. Le tribunal applique strictement les critères légaux. Il en déduit le régime procédural adapté.

**La mise en œuvre d’un cadre procédural accéléré et encadré**

Le jugement organise d’abord les modalités de la réalisation de l’actif. Il impose des délais stricts au liquidateur. Il indique que ce dernier “devra procéder à la vente des biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères publiques dans les quatre mois”. Passé ce délai, “il est procédé à la vente aux enchères publiques des biens subsistants”. Ces mesures visent une réalisation rapide. Elles sont caractéristiques de la procédure simplifiée. Le législateur cherche à réduire la durée et le coût de la liquidation.

Le jugement fixe ensuite un calendrier global contraignant pour la procédure. Il désigne un juge commissaire et un liquidateur. Il impose le dépôt de la liste des créances dans un délai de cinq mois. Surtout, il prononce d’avance la clôture de la procédure “le 07/01/2026, sauf prorogation dûment sollicitée”. Cette date butoir est une marque essentielle de la liquidation simplifiée. Elle traduit la volonté d’une clôture automatique et rapide. Le tribunal encadre strictement la durée de la procédure.

Cette décision illustre l’application rigoureuse du dispositif de liquidation simplifiée. Le tribunal vérifie scrupuleusement les critères légaux. Il met en œuvre un processus accéléré et normé. La solution respecte la philosophie du texte. Elle cherche à concilier célérité et protection des intérêts en présence. Le cadre procédural strict limite les aléas et les longueurs. Il offre une sécurité juridique aux différents acteurs de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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