Tribunal de commerce de Poitiers, le 14 janvier 2025, n°2024004643

Le Tribunal de commerce de Poitiers, par jugement du 14 janvier 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société. L’URSSAF Poitou-Charentes, créancière, avait assigné la société en ce sens. Le tribunal a constaté que la société n’était plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il a ainsi retenu l’état de cessation des paiements. La question posée était de savoir si les conditions légales pour l’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée étaient réunies. Le tribunal y a répondu positivement, ouvrant la procédure et en organisant les modalités pratiques.

**La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements**

Le jugement procède à une application stricte des conditions légales de l’article L. 640-1 du code de commerce. Le tribunal fonde sa décision sur un constat factuel précis, indiquant qu’“il résulte des pièces et des informations transmises que la société n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible”. Cette formulation reprend exactement la définition légale de la cessation des paiements. Elle montre que le juge s’est attaché à vérifier la concordance entre la situation économique de la société et les critères juridiques. Le choix de la procédure simplifiée est directement lié à ce constat. Il s’agit d’une procédure adaptée lorsque la situation de l’entreprise ne permet pas la poursuite de l’activité. Le tribunal ne se contente pas d’un simple aveu de l’état de cessation. Il l’établit de manière objective à partir des éléments produits. Cette rigueur est essentielle pour garantir le respect du droit au redressement des entreprises en difficulté. Elle protège également les créanciers contre des ouvertures de procédure abusives ou prématurées. La fixation provisoire de la date de cessation des paiements au 14 juillet 2023 illustre cette démarche d’exactitude. Le juge recherche le moment précis où l’actif disponible est devenu insuffisant pour couvrir le passif exigible.

**L’organisation procédurale au service d’une liquidation efficace**

Le dispositif du jugement détaille avec précision les mesures d’organisation de la liquidation. Le tribunal désigne les auxiliaires de justice et définit leurs missions conformément à la loi. Il “désigne un liquidateur, lequel devra déposer la liste des créances dans un délai de 5 mois”. Il ordonne également la désignation d’un mandataire de justice chargé de “dresser un inventaire du patrimoine du débiteur ainsi que des garanties qui le grèvent”. Ces mesures visent à assurer une administration transparente et ordonnée des biens de la société. Le cadre temporel est strictement encadré. Le tribunal “fixe à douze mois la date à laquelle la clôture de la procédure devra être prononcée”. Ce délai, prévu par l’article L. 644-5 du code de commerce, témoigne de la volonté du législateur d’accélérer les liquidations sans activité. Le juge en assure la mise en œuvre. L’exécution provisoire est ordonnée. Cette décision permet une mise en œuvre immédiate des mesures de liquidation. Elle préserve l’intérêt collectif des créanciers en évitant tout retard préjudiciable. L’ensemble du dispositif révèle une vision pragmatique de la procédure. Le juge organise une liquidation qui doit être à la fois rapide et respectueuse des droits de chacun. La précision des délais et des missions confiées aux professionnels limite les risques de contentieux ultérieur. Elle sécurise le déroulement de la procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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