Tribunal de commerce de Lorient, le 14 janvier 2025, n°2023F00020

Le Tribunal de commerce de Lorient, par jugement du 14 janvier 2025, statue sur une demande de clôture d’une liquidation judiciaire. La procédure avait été ouverte par jugement du 24 juin 2022. À l’issue du délai fixé pour la clôture, le liquidateur expose que la société en liquidation détient toujours une participation minoritaire dans une autre société. Le tribunal doit donc se prononcer sur la possibilité de clore la procédure. La question juridique posée est celle des conditions dans lesquelles le juge peut reporter l’examen de la clôture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal, s’appuyant sur l’article L. 643-9 du code de commerce, décide de reporter cet examen. Cette solution invite à analyser le pouvoir d’appréciation du juge puis les conséquences de ce report sur l’achèvement de la procédure collective.

Le juge dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour apprécier l’opportunité de la clôture. L’article L. 643-9 du code de commerce prévoit que le tribunal peut proroger le délai par une décision motivée. Le texte précise que cette prorogation intervient si la clôture ne peut être prononcée. Le jugement retient que la détention d’actifs, en l’occurrence des parts sociales, justifie ce report. Le tribunal motive sa décision en se fondant sur les éléments exposés par le liquidateur. Il considère que la procédure n’est pas en état d’être clôturée. Cette appréciation in concreto des circonstances de la cause est caractéristique. Le juge vérifie si les conditions légales de la clôture sont réunies. La simple existence d’un actif non encore réalisé constitue un obstacle suffisant. Cette solution est conforme à l’économie du texte. Elle assure une liquidation complète du patrimoine du débiteur. La protection des créanciers en est le principe directeur.

Le report de la clôture prolonge nécessairement les effets de la liquidation. La décision est présentée comme une mesure d’administration judiciaire. Elle n’est donc pas susceptible de recours. Cette qualification s’inscrit dans la lignée de la jurisprudence de la Cour de cassation. La chambre commerciale a jugé que de telles décisions échappent aux voies de recours. Le jugement rappelle d’ailleurs expressément l’arrêt du 9 juillet 2013. Cette absence de recours peut surprendre. Elle prive les parties de contester l’appréciation du juge. La célérité des procédures collectives en est peut-être renforcée. Le risque d’un arbitraire judiciaire demeure cependant théorique. Le juge doit motiver sa décision de prorogation. Le contrôle de la Cour de cassation reste possible sur ce point. La solution assure une gestion pragmatique des liquidations complexes. Elle évite une clôture prématurée qui léserait les créanciers. La pérennité de la procédure permet la réalisation optimale des actifs.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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