Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 9 janvier 2025, n°2023007011

Le Tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand, statuant le 9 janvier 2025, a été saisi d’une demande initiale en paiement d’honoraires d’architecte. En cours de procédure, les parties ont signé un protocole transactionnel. Elles ont conjointement sollicité l’homologation de cet accord et le demandeur initial a formé un désistement d’instance et d’action. Le tribunal a accédé à ces demandes. La décision pose la question de l’articulation entre l’homologation judiciaire d’une transaction et le désistement de l’instance principale. Elle permet d’observer la force attribuée à la volonté des parties en matière de fin de litige.

**La consécration de la volonté commune comme fondement de l’extinction du litige**

Le tribunal fait prévaloir l’accord des parties sur le déroulement formel de la procédure. Il homologue d’abord la transaction intervenue. Il constate qu’“un accord est intervenu par acte sous seing privé en date du 16 septembre 2024 pour résoudre le litige”. Cette homologation, expressément demandée par toutes les parties, confère à l’accord privé “force exécutoire”. La juridiction valide ainsi la convention par laquelle les parties ont définitivement renoncé à leurs prétentions réciproques. Elle donne une sanction judiciaire à leur volonté de mettre fin au différend.

Le juge tire ensuite les conséquences procédurales de cet accord sur l’instance en cours. Il prend acte du “désistement d’instance et d’action” de la demanderesse initiale. Ce désistement est accepté par les défenderesses. Le tribunal “constate l’extinction de l’instance” en application de l’article 394 du code de procédure civile. Il se déclare dessaisi. La solution illustre la primauté de l’autonomie procédurale des parties. La fin conventionnelle du litige rend l’instance sans objet et justifie son extinction.

**Une décision d’espèce confirmant les effets juridiques de la transaction homologuée**

La portée de cette décision est avant tout pratique. Elle rappelle l’efficacité du mécanisme de l’homologation judiciaire. L’accord transactionnel acquiert par ce biais la force d’un jugement. Il devient ainsi titré exécutoire. Cette procédure simplifiée offre une sécurité juridique accrue aux parties. Elle permet d’éviter l’issue incertaine d’un procès sur le fond. Le tribunal valide une solution négociée, conforme à l’économie procédurale encouragée par le droit contemporain.

La décision présente cependant un caractère largement déclaratif. Elle applique des textes bien établis sans innover. L’article 2044 du code civil définit la transaction comme un contrat. L’article 1567 du code de procédure civile en organise l’homologation par le juge. Le désistement d’instance régi par les articles 394 et suivants du même code en est une conséquence logique. Le jugement se borne à combiner ces dispositions. Il ne résout aucune difficulté nouvelle. Son intérêt réside dans l’illustration concrète d’une sortie conventionnelle de procès.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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