Tribunal de commerce de Chartres, le 9 janvier 2025, n°2024F01116

Le Tribunal de commerce de Chartres, par jugement du 9 janvier 2025, statue sur l’avenir d’une procédure collective. Une procédure de redressement judiciaire avait été ouverte à l’encontre d’une entreprise individuelle le 11 juillet 2024. À l’issue de la période d’observation, le mandataire judiciaire constate l’absence de plan de redressement viable. Le ministère public requiert la conversion en liquidation. Le tribunal doit donc décider de la suite à donner.

La juridiction prononce la liquidation judiciaire simplifiée. Elle met fin à la période d’observation et nomme le mandataire judiciaire en qualité de liquidateur. Le tribunal retient que « les délais accordés […] n’ont dégagé aucune solution ». Il applique les articles L. 622-10 et L. 640-1 du code de commerce. La question est de savoir dans quelles conditions le passage du redressement à la liquidation s’opère. L’arrêt illustre le contrôle du juge sur l’issue de la période d’observation.

**Le constat d’impossibilité du redressement comme condition nécessaire**

Le jugement opère un contrôle de la réalité des perspectives de redressement. Le tribunal relève d’abord l’absence de plan de continuation réalisable. Il se fonde sur les déclarations du mandataire judiciaire. Celui-ci indique qu’ »il apparaît exclu » de proposer un plan. Le tribunal vérifie ainsi l’échec de la recherche de solutions durant l’observation. Cette étape est une condition préalable à toute conversion.

Le juge procède ensuite à une appréciation souveraine des éléments recueillis. Il constate que « aucun plan de continuation par apurement du passif n’étant réalisable ». Cette formulation dénote une appréciation in concreto de la situation économique. Le tribunal ne se contente pas d’un simple constat d’échec. Il valide l’impossibilité financière du redressement. Le contrôle exercé est donc substantiel et non purement formel.

**Le prononcé de la liquidation comme conséquence automatique**

La décision applique strictement le cadre légal de la conversion. Le tribunal fonde sa décision sur l’article L. 640-1 du code de commerce. Ce texte prévoit la conversion lorsque le redressement est impossible. Le juge fait ainsi découler la liquidation du constat préalable. Le passage d’une procédure à l’autre apparaît comme une conséquence nécessaire.

Le jugement opère également une qualification en liquidation simplifiée. Il vérifie le respect des seuils prévus aux articles L. 641-2 et D. 641-10. Cette vérification est essentielle pour l’application du régime approprié. Le tribunal adapte ainsi la procédure aux caractéristiques de l’entreprise. La décision illustre le caractère bifide du contrôle juridictionnel. Elle combine appréciation économique et application de conditions légales.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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