Tribunal de commerce de Bobigny, le 9 janvier 2025, n°2024F01705

Le Tribunal de commerce de Bobigny, dans un jugement du 9 janvier 2025, est saisi d’une instance née de l’opposition à une injonction de payer. Le demandeur initial se désiste de son instance et de son action en audience. Le défendeur accepte ce désistement et ses conditions. Le tribunal constate la régularité formelle du désistement et en tire les conséquences quant aux frais de l’instance. La décision soulève la question de l’articulation entre le désistement d’action et la charge des dépens en l’absence de convention contraire. Le tribunal donne acte du désistement, constate l’extinction de l’instance et laisse les dépens à la charge du demandeur. L’analyse de cette solution invite à examiner la régularité du désistement accepté puis ses effets sur la charge des dépens.

Le jugement valide un désistement d’action intervenu contradictoirement et en respectant les formes légales. Le demandeur a formellement déclaré son désistement à l’audience. Le défendeur a comparu et a accepté ce désistement par des conclusions déposées le jour même. Le tribunal relève que ce désistement « est régulier en la forme ». Cette appréciation stricte du formalisme est essentielle. L’article 384 du code de procédure civile exige en effet que le désistement d’action soit accepté par la partie adverse. La décision montre que cette acceptation peut être exprimée par conclusions en réponse, pourvu qu’elles soient contemporaines de l’audience. Le tribunal opère ainsi un contrôle de la régularité procédurale avant d’en tirer les conséquences. Il constate ensuite l’extinction de l’instance, effet automatique du désistement accepté. Cette première étape démontre une application rigoureuse des textes, garantissant la sécurité juridique des renonciations.

La décision applique ensuite le principe légal gouvernant la charge des dépens après un désistement. Le tribunal rappelle que le désistement « emporte sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte ». Il s’agit d’une application littérale de l’article 381 du code de procédure civile. Le juge constate l’absence de convention contraire entre les parties sur ce point. Il en déduit logiquement qu’il « échet de laisser ceux-ci à la charge du demandeur ». Le dispositif liquide les dépens à recouvrer par le greffe. Cette solution est classique et prévisible. Elle sanctionne l’initiative de celui qui met fin au procès qu’il a engagé. La décision se limite à une application mécanique de la règle, sans exercer de pouvoir d’appréciation. La brièveté des motifs sur ce point reflète l’absence de difficulté juridique. Le jugement apparaît ainsi comme une illustration standard de la mise en œuvre des articles 381 et 384 du code de procédure civile.

La portée de cette décision est cependant limitée par son caractère strictement procédural et d’espèce. Elle ne crée pas une nouvelle jurisprudence mais applique des règles bien établies. Sa valeur réside dans la démonstration d’une procédure contradictoire correctement menée. Le tribunal veille à ce que l’acceptation du désistement soit exprimée sans équivoque. Cette rigueur protège les parties contre des renonciations précipitées ou mal comprises. Toutefois, l’absence d’examen sur le fond de la créance initiale peut interroger. Le désistement d’action met fin définitivement au litige, sans que le juge n’ait statué sur le bien-fondé des prétentions. Cette décision rappelle que la volonté des parties, exprimée dans les formes légales, peut clore un procès à tout moment. Elle confirme ainsi le principe dispositif qui régit la procédure civile.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture