Tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, le 11 février 2025, n°2024014984

La société faisait l’objet d’une procédure de redressement judiciaire ouverte le 11 avril 2024. Après dix mois d’observation, le mandataire judiciaire constatait l’impossibilité d’un redressement. Les dirigeants sollicitaient la conversion en liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, par jugement du 11 février 2025, devait se prononcer sur cette demande. La question se posait de savoir si les conditions légales de la conversion étaient réunies. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire en considérant que le redressement était manifestement impossible.

**La constatation judiciaire de l’impossibilité du redressement**

Le juge vérifie d’abord la réalité des difficultés persistantes. Le mandataire judiciaire relève que “malgré des progressions de chiffres, de nouvelles dettes ont été créées”. Cette situation illustre une dégradation continue de la santé financière. La baisse d’activité empêche le règlement des charges courantes. Le tribunal retient ces éléments pour fonder sa décision. Il s’appuie sur le rapport du juge commissaire, favorable à la conversion. L’objectif est d’éviter “d’augmenter le montant du passif”. La protection des salariés est également invoquée. Le juge procède ainsi à une appréciation concrète et prospective. Il recherche si un plan de redressement est envisageable. L’absence de perspective viable justifie la conversion.

La décision s’inscrit dans l’application stricte de l’article L. 640-1 du code de commerce. Le texte exige que le redressement soit “manifestement impossible”. Le tribunal reprend cette formule dans le dispositif de son jugement. Il se conforme ainsi à la lettre de la loi. La demande conjointe des dirigeants et du ministère public est également prise en compte. Leur volonté commune renforce la conviction du juge. La décision apparaît comme l’aboutissement logique d’une observation infructueuse. Elle met un terme à une période d’incertitude. La procédure peut alors entrer dans une phase de réalisation des actifs.

**Les conséquences procédurales de la conversion prononcée**

Le prononcé de la liquidation entraîne des modifications immédiates. Le tribunal met fin à la période d’observation. Il met également fin à la mission de l’administrateur, le cas échéant. Le mandataire judiciaire est nommé en qualité de liquidateur. Cette continuité des fonctions assure une transition efficace. Elle garantit une bonne connaissance du dossier. Le tribunal fixe un délai de douze mois pour examiner la clôture. Il convoque le débiteur à une audience ultérieure. Cette organisation cadre le déroulement futur de la procédure. Elle offre une vision claire des étapes à venir.

Le juge écarte cependant la liquidation judiciaire simplifiée. Il estime que “les éléments dont dispose le tribunal n’étant pas définitivement établis”. Cette mention révèle une application prudente du droit. Le tribunal refuse d’appliquer un régime accéléré par défaut. Il préserve les droits des créanciers à une information complète. Cette position est conforme à l’esprit du texte. La liquidation simplifiée requiert en effet des conditions strictes. Le juge conserve un pouvoir souverain d’appréciation sur ce point. Sa décision évite toute précipitation préjudiciable. Elle assure le respect du principe du contradictoire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture