Cour d’appel de Fort de France, le 6 juillet 2012, n°12/00085

La Cour d’appel de Fort-de-France, dans un arrêt du 6 juillet 2012, a constaté le désistement d’appel formé par une mère dans une procédure relative aux modalités d’exercice de l’autorité parentale. Le juge aux affaires familiales avait fixé provisoirement la résidence de l’enfant au domicile du père et accordé à la mère un droit de visite au point-rencontre. Par conclusions écrites, l’appelante s’est désistée de son appel avant l’audience. La Cour en tire les conséquences de droit, constate l’extinction de l’instance et valide l’acquiescement à l’ordonnance attaquée. Cette décision soulève la question de l’effectivité du contrôle juridictionnel en matière d’intérêt de l’enfant lorsque la procédure s’éteint par un acte unilatéral des parties.

**Le formalisme procédural du désistement d’appel**

Le désistement d’appel est un acte de procédure régi par des conditions strictes. La Cour rappelle que le désistement par conclusions écrites est conforme aux dispositions du code de procédure civile en appel avec représentation obligatoire. Elle se réfère aux articles 400 et suivants du code de procédure civile. L’arrêt applique ainsi une règle procédurale pure. Le juge constate un acte unilatéral de renonciation à l’instance. Il en tire les conséquences automatiques, à savoir l’extinction de l’instance. L’ordonnance du juge aux affaires familiales devient ainsi définitive. Le contrôle de la cour sur le fond est éclipsé par la régularité formelle de l’acte. La solution est techniquement exacte. Elle respecte le principe dispositif qui régit l’instance civile. Les parties maîtrisent l’introduction et l’extinction du litige. Le juge ne peut s’opposer à une volonté clairement exprimée. L’arrêt illustre cette logique procédurale. Il valide sans discussion l’acquiescement à la décision initiale.

**Les limites du formalisme face à l’intérêt supérieur de l’enfant**

La rigueur procédurale peut cependant paraître excessive en matière familiale. L’enjeu dépasse l’intérêt strict des parties. Il concerne l’intérêt supérieur de l’enfant, notion d’ordre public. Le juge aux affaires familiales avait ordonné une enquête sociale et un examen médico-psychologique. Ces mesures révèlent des interrogations sur les conditions de vie de l’enfant. Le sursis à statuer indiquait la nécessité d’un complément d’information. L’extinction de l’appel par désistement fige une situation provisoire. Elle prive le juge d’appel de son pouvoir de contrôle sur le fond. La Cour se borne à constater l’extinction de l’instance. Elle n’examine pas si l’intérêt de l’enfant commandait malgré tout un examen au fond. La jurisprudence antérieure admet pourtant des exceptions au principe dispositif. L’ordre public familial peut justifier que le juge passe outre un désistement. Il aurait pu vérifier si la mesure provisoire était conforme à l’intérêt de l’enfant. La solution retenue est donc critiquable. Elle donne la priorité à la sécurité juridique des actes de procédure. Elle néglige peut-être la protection substantielle de l’enfant, qui requiert un contrôle continu.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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