Cour d’appel de Douai, le 26 mai 2011, n°10/06610

La Cour d’appel de Douai, dans un arrêt du 26 mai 2011, confirme un jugement aux affaires familiales fixant les modalités d’exercice de l’autorité parentale. Les parents d’un enfant mineur, eux-mêmes mineurs au moment de la saisine initiale, s’opposaient sur l’aménagement du droit de visite du père et sur le versement d’une pension alimentaire. Le premier juge avait organisé un droit de visite progressif et dispensé le père de toute contribution financière. Les appelants, la mère et ses représentants légaux, sollicitaient l’infirmation de ces dispositions. La Cour rejette leur demande et confirme intégralement le jugement déféré.

**La confirmation d’une solution fondée sur l’intérêt de l’enfant**

La Cour d’appel valide l’analyse concrète opérée par le juge du fond. Elle retient que ce dernier a procédé à « une exacte analyse des faits de la cause et des droits des parties ». Le rejet de l’appel est principalement motivé par l’absence de nouveaux éléments soumis à l’appui des prétentions. La Cour estime que les motifs du premier jugement sont pertinents et suffisants. Elle adopte ainsi implicitement le raisonnement initial qui avait privilégié une approche progressive du droit de visite. Cette organisation évolutive, étalée sur six mois, visait une adaptation de l’enfant et du jeune père à leur relation. La solution confirme que l’intérêt de l’enfant commande parfois une construction graduelle des liens avec le parent non gardien. La fixation de la résidence chez la mère dans le cadre de l’exercice conjoint de l’autorité parentale n’est pas contestée. La Cour valide donc un équilibre préservant la place des deux parents malgré leur séparation et leur jeunesse.

**Les limites procédurales du contrôle exercé par la Cour d’appel**

L’arrêt illustre les contraintes procédurales pesant sur le juge d’appel. La Cour relève que la partie appelante « n’a déposé aucune pièce à l’appui de son recours ». Cette carence est déterminante. En l’absence d’éléments nouveaux ou contraires, la Cour se borne à un contrôle de la motivation et de l’exactitude juridique de la décision attaquée. Elle ne réexamine pas souverainement les faits. Cette position est conforme aux articles 902 et suivants du code de procédure civile. Elle rappelle que l’appel est un réexamen de l’affaire, mais que la partie qui invoque une erreur doit en apporter la démonstration. Le rejet des demandes subsidiaires, comme la réalisation d’une enquête sociale ou l’organisation des visites en lieu neutre, découle de ce même constat. La Cour estime que le premier juge, disposant des mêmes éléments, a pris une décision éclairée. La confirmation de la dispense de pension alimentaire, fondée sur l’impécuniosité du père, suit la même logique. L’arrêt souligne ainsi l’importance de la charge de la preuve en appel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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