Tribunal de commerce de Vienne, le 28 janvier 2025, n°2025F00125

Le Tribunal de commerce de Vienne, statuant le 28 janvier 2025, a été saisi d’une déclaration de cessation des paiements. Une société exerçant une activité d’aide à domicile, employant jusqu’à dix-huit salariés, a sollicité l’ouverture d’une liquidation judiciaire. Son dirigeant a exposé l’impossibilité de faire face au passif et la nécessité de replacer certains clients. Le ministère public s’est prononcé pour une liquidation avec poursuite d’activité. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et prononcé l’ouverture de la liquidation judiciaire. Il a fixé provisoirement la date de cessation au 15 décembre 2024 et autorisé exceptionnellement la poursuite d’activité jusqu’au 31 janvier 2025. La décision soulève la question des conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire et des modalités de sa mise en œuvre, notamment la possibilité d’une poursuite d’activité temporaire. Le tribunal y répond en affirmant l’impossibilité de tout redressement et en aménageant la liquidation.

**La consécration judiciaire d’une impossibilité manifeste de redressement**

Le jugement opère une application stricte des conditions légales de l’ouverture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal constate d’abord l’état de cessation des paiements au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce. Il relève que la société “ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible”. Cette qualification est essentielle pour déclencher le régime des procédures collectives. Le juge fonde ensuite son prononcé sur l’impossibilité du redressement. Il estime que “la situation de l’entreprise et notamment l’absence de rentabilité impliquent que tout redressement est manifestement impossible”. Cette appréciation in concreto des perspectives de l’entreprise est conforme à l’article L. 640-1 du code de commerce. Le tribunal ne se contente pas des déclarations du dirigeant. Il procède à une analyse des documents produits pour établir le caractère manifeste de cette impossibilité. La décision illustre le contrôle exercé par le juge sur les conditions d’accès à la liquidation judiciaire.

**L’aménagement de la liquidation au service des intérêts des créanciers**

Le tribunal use de son pouvoir d’aménagement de la procédure pour en atténuer les effets immédiats. Il autorise exceptionnellement la poursuite d’activité jusqu’à une date déterminée. Le jugement motive cette mesure par la nécessité “d’éviter les conséquences d’une cessation immédiate de l’exploitation, contraires aux intérêts des bénéficiaires des services”. Cette décision s’appuie sur les articles L. 641-10 et R. 641-18 du code de commerce. Elle vise à faciliter le replacement de la clientèle, préservant ainsi une partie de l’actif. La fixation d’un terme précis au 31 janvier 2025 encadre strictement cette période transitoire. Par ailleurs, le tribunal organise les modalités pratiques de la liquidation. Il désigne les mandataires de justice et fixe les délais pour l’établissement de la liste des créances et l’examen de la clôture. Ces mesures assurent une exécution ordonnée de la procédure dans l’intérêt collectif des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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