Tribunal de commerce de Saint-Etienne, le 15 janvier 2025, n°2025F00024

Le Tribunal de commerce de Paris, par jugement du quinze janvier deux mille vingt-cinq, a été saisi d’une demande de clôture pour insuffisance d’actif d’une procédure de liquidation judiciaire ouverte sous le régime simplifié. Le liquidateur judiciaire a indiqué que les opérations de liquidation demeuraient en cours. Le tribunal a donc refusé de prononcer la clôture. Il a en revanche décidé de mettre fin au régime simplifié pour poursuivre la procédure sous le régime de droit commun. La question se posait de savoir si une procédure de liquidation judiciaire ouverte sous le régime simplifié pouvait, en cours d’instance, être requalifiée en une procédure de droit commun. Le tribunal a répondu positivement en ordonnant cette mutation de régime. Cette solution appelle une analyse sur son fondement légal et sur ses implications pratiques pour le déroulement des procédures collectives.

**La consécration d’une mutation procédurale justifiée par l’impératif d’efficacité**

Le jugement opère une transition d’un régime dérogatoire vers le régime ordinaire. Le tribunal constate que “les opérations de liquidation judiciaire sont toujours en cours”. Il en déduit qu’“il convient de mettre fin à la procédure de liquidation judiciaire simplifiée et de poursuivre la procédure de liquidation judiciaire sous le régime normal”. Cette décision trouve son fondement dans l’économie générale du livre VI du code de commerce. Le régime simplifié, prévu aux articles L. 643-1 et suivants, est conçu pour les liquidations sans complexité. Sa durée est initialement limitée. Le législateur a entendu favoriser une liquidation rapide. L’allongement des opérations révèle une situation plus complexe que prévu. Le maintien du régime simplifié deviendrait alors inadapté. Le tribunal utilise son pouvoir d’appréciation pour requalifier la procédure. Il veille ainsi à l’adéquation entre le cadre procédural et les réalités de l’espèce. Cette faculté de mutation garantit l’effectivité de la liquidation. Elle évite une clôture prématurée qui léserait les créanciers. Le juge adapte le outil procédural aux nécessités constatées. Cette souplesse est essentielle au bon déroulement des procédures collectives.

**Les conséquences pratiques d’une requalification préservant les droits des parties**

La décision entraîne des modifications substantielles dans la conduite de la procédure. Le tribunal “proroge la date de l’examen de la clôture de la procédure de 12 mois”. Il impose également le dépôt de “la liste des créances prévue aux articles L 624-1 et R 624-2 du Code de commerce, dans un délai de 6 mois”. Ces mesures illustrent le passage à un régime plus formaliste. Le régime ordinaire comporte des délais et des formalités plus stricts. Il offre aussi des garanties renforcées aux créanciers. La prorogation du délai de clôture est une conséquence directe de la requalification. Elle permet au liquidateur de mener à bien des opérations désormais plus longues. L’exigence du dépôt de la liste des créances en est une autre. Cette formalité, parfois absente du régime simplifié, devient obligatoire. Elle assure une information complète sur le passif. La décision organise donc une transition méthodique. Elle préserve les droits des créanciers en adaptant le cadre procédural. Elle confirme également le rôle actif du juge dans la direction de la procédure. Le tribunal reste maître du calendrier et des modalités pratiques. Cette gestion attentive limite les risques de contentieux ultérieur sur la régularité des opérations.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture