Tribunal de commerce de Perpignan Pour Entendre Prononcer À Son Encontre Un, le 15 janvier 2025, n°2025F00037

Le Tribunal de commerce de Perpignan, par jugement du quinze janvier deux mille vingt-cinq, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société. Le créancier assignateur justifiait d’une créance de treize mille cent vingt-et-un euros soixante-douze centimes. Le débiteur, en état de cessation des paiements, ne comparaissait pas. Le tribunal a constaté l’impossibilité du redressement judiciaire. Il a retenu l’application du régime de liquidation simplifiée prévu par l’article L. 641-2 du code de commerce. La décision soulève la question des conditions de prononcé de cette procédure allégée. Elle en précise les modalités pratiques d’exécution.

**Les conditions légales du prononcé de la liquidation simplifiée**

Le jugement opère une application stricte des textes régissant la liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal constate d’abord l’état de cessation des paiements du débiteur. Il relève ensuite que « le redressement judiciaire est manifestement impossible ». Ces constatations sont les préalables nécessaires à toute ouverture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal fonde alors son choix de la procédure simplifiée sur un élément précis. Il indique que « l’entreprise débitrice répond aux dispositions prévues par l’article D. 641-10 alinéa 2 ». Ce texte vise les petites entreprises dont le chiffre d’affaires et l’effectif salarié sont inférieurs à des seuils déterminés. Le juge ne détaille pas ces éléments dans les motifs. La décision montre une appréciation in concreto de la situation du débiteur. Elle écarte ainsi l’application du droit commun de la liquidation judiciaire.

La procédure suivie respecte les exigences du contradictoire malgré l’absence du débiteur. Le jugement est « réputé contradictoire ». Le créancier était représenté par un avocat bénéficiant de l’aide juridictionnelle. Le tribunal a procédé à un examen des pièces et des informations recueillies. Cette rigueur procédurale garantit la régularité de la décision d’ouverture. Elle permet de fonder légalement les conséquences graves d’une telle mesure. Le prononcé de la liquidation simplifiée apparaît ainsi comme une réponse adaptée. Elle vise une entreprise de petite dimension dont les difficultés sont irrémédiables.

**Les modalités d’exécution de la procédure de liquidation simplifiée**

Le dispositif du jugement détaille avec précision les premières étapes de la liquidation. Il désigne les organes de la procédure, soit un juge commissaire et un liquidateur. Il commet également un commissaire-priseur pour réaliser un inventaire. Le tribunal fixe des délais stricts pour les différentes opérations. L’inventaire doit être réalisé sous un mois. La vaille des biens doit intervenir dans un délai de quatre mois. Ces impératifs temporels sont caractéristiques de la procédure simplifiée. Ils visent à assurer une réalisation rapide de l’actif pour les créanciers.

Le jugement organise aussi les obligations du débiteur et des créanciers. Il impose au dirigeant de remettre sans délai la liste des créanciers au liquidateur. Il fixe un délai de onze mois pour le dépôt des créances. La clôture de la procédure sera examinée dans un délai de douze mois. Ces mesures encadrent strictement le déroulement de la liquidation. Elles traduisent la volonté d’une gestion efficace et accélérée du passif. Le tribunal rappelle enfin les obligations de coopération du débiteur. Il précise les sanctions encourues en cas d’obstacle. Cette vigilance du juge est essentielle au bon déroulement d’une procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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