Tribunal de commerce de Paris, le 23 janvier 2025, n°2023024336

Le Tribunal des activités économiques de Paris, dans un jugement du 23 janvier 2025, statue sur une demande de constatation de désistements réciproques. La partie demanderesse initiale avait assigné cinq défendeurs en mai 2023. La procédure connaît plusieurs renvois avant que chaque partie ne dépose des conclusions convergentes. Elles sollicitent toutes la constatation de leur désistement d’instance et d’action mutuel ainsi que l’extinction du litige. Le tribunal doit donc examiner les conditions de validité d’un tel accord procédural et ses effets sur l’instance en cours. Il donne acte aux parties de leurs désistements et acceptations réciproques. Il constate ensuite l’extinction de l’instance et son propre dessaisissement. La décision retient enfin la charge des frais pour chaque partie. Cette solution appelle une analyse de la mise en œuvre conventionnelle de l’extinction de l’instance.

**La sanction judiciaire d’un accord procédural négocié**

Le tribunal entérine un accord mettant fin au litige par la volonté commune des parties. Les demandes respectives, bien que formulées séparément, sont identiques en substance. Elles visent à obtenir la constatation de désistements réciproques et l’extinction de l’instance. Le juge relève la convergence des prétentions et l’absence de désaccord persistant. Il applique strictement les articles 384 et 395 du code de procédure civile. Le premier dispose que le désistement d’instance, accepté par le défendeur, entraîne l’extinction de celle-ci. Le second prévoit que le désistement d’action, également accepté, éteint l’action elle-même. Le tribunal se borne à donner acte des volontés exprimées. Il constate ensuite les effets juridiques que la loi attache à ces déclarations. Son rôle est donc minimal et consiste à authentifier l’accord. Cette approche consacre la maîtrise par les parties de l’objet du litige. Elle illustre le principe dispositif qui régit la procédure civile. Le juge n’a pas à contrôler le bien-fondé des renonciations. Il vérifie seulement la réalité du consentement mutuel. La décision évite ainsi tout examen du fond du différend initial. Elle privilégie l’efficacité procédurale et la pacification des relations.

**Les conséquences pratiques d’une extinction conventionnelle**

Les effets de la décision sont immédiats et définitifs. Le tribunal constate « l’extinction de la présente instance et son dessaisissement ». Cette formule est importante. Elle signifie que le juge perd toute compétence pour connaître à nouveau de cette affaire. L’extinction couvre à la fois l’instance et les actions principales et reconventionnelles. Le désistement d’action accepté produit l’autorité de la chose jugée. Il empêche toute nouvelle demande fondée sur la même cause. Les parties renoncent donc irrévocablement à se prévaloir de leurs prétentions antérieures. Le règlement des frais est également significatif. Le tribunal dit « que chacune des parties conservera la charge de ses frais et dépens ». Il écarte l’application de l’article 700 du code de procédure civile. Ce partage des frais confirme le caractère transactionnel de l’accord. Aucune partie n’est condamnée aux dépens de l’autre. Cette solution est cohérente avec un règlement négocié. Elle incite les plaideurs à rechercher des issues amiables. La décision offre ainsi un modèle de résolution consensuelle des litiges. Elle démontre l’utilité des mécanismes procéduraux permettant une sortie rapide du contentieux.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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