Tribunal de commerce de Nanterre, le 4 février 2025, n°2024R01380

Le Tribunal de commerce de Nanterre, statuant en référé, rend une ordonnance le 4 février 2025. Cette décision traite des conditions procédurales entourant un désistement d’action en l’absence de défense au fond de la partie adverse. Les faits révèlent que le demandeur initial a déclaré se désister de son action lors de l’audience. Le défendeur, quant à lui, n’avait encore présenté aucune défense au fond ni fin de non-recevoir. La juridiction devait donc déterminer si ce désistement pouvait être acté sans l’acceptation du défendeur. La solution retenue, fondée sur l’article 395 alinéa 2 du code de procédure civile, constate le désistement et l’extinction de l’instance. Cette ordonnance invite à analyser le régime du désistement en référé avant d’en mesurer la portée procédurale.

L’ordonnance applique strictement les conditions légales du désistement unilatéral. Le juge relève que “le défendeur n’a présenté oralement aucune défense au fond ou fin de non-recevoir”. Cette constatation factuelle est déterminante. Elle permet d’appliquer directement l’article 395 alinéa 2 du code de procédure civile. Ce texte dispose que l’acceptation du défendeur n’est pas requise en l’absence de telles défenses. Le raisonnement est donc purement déductif. Le président constate le désistement et en tire les conséquences légales. Il déclare l’extinction de l’instance et son propre dessaisissement. Cette application littérale assure une sécurité juridique certaine. Elle évite tout débat sur l’intention des parties. La solution est conforme à une jurisprudence constante sur le caractère formaliste du désistement. Elle rappelle que la volonté du demandeur suffit à arrêter la procédure à ce stade précoce. Le juge n’a pas à rechercher un accord des parties. Son rôle se limite à vérifier les conditions légales et à les appliquer.

Cette décision illustre l’économie procédurale permise par le référé commercial. L’extinction de l’instance est immédiate et sans frais substantiels. Le juge liquide simplement les dépens à une somme modique. Cette célérité est l’essence même de la procédure de référé. Elle permet de désengorger rapidement le tribunal d’une affaire devenue sans objet. La portée de l’ordonnance est cependant limitée. Elle constitue une simple application de la loi à un cas d’espèce très précis. La solution n’innove pas et ne crée pas de principe nouveau. Elle confirme une interprétation bien établie du code de procédure civile. Sa valeur réside dans sa clarté et son efficacité. Elle rappelle utilement aux praticiens que le désistement reste une prérogative importante du demandeur. Cette prérogative s’exerce librement avant que le défendeur ne se soit engagé dans la défense au fond. L’ordonnance garantit ainsi une certaine flexibilité procédurale en début d’instance. Elle préserve la possibilité pour un demandeur de renoncer à son action sans obstacle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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