Tribunal de commerce de Nanterre, le 31 janvier 2025, n°2024F01669

Le Tribunal des activités économiques de Nanterre, statuant le 31 janvier 2025, constate le désistement d’action d’une société et prononce l’extinction de l’instance. Cette décision simple soulève des questions procédurales précises sur les effets du désistement accepté par la partie adverse. Elle permet d’examiner les conditions de l’extinction de l’instance et le régime des frais afférents.

Le jugement applique strictement les dispositions du code de procédure civile relatives au désistement. Le tribunal constate que « le demandeur déclare à l’audience de ce jour se désister de l’action introduite » et que « le défendeur accepte le désistement ». Il en déduit, « en application de l’article 395 al.1 du code de procédure civile », que « le désistement est donc parfait ». Cette qualification juridique est exacte. L’article 395 prévoit en effet que le désistement d’action, accepté par le défendeur, est parfait. Il emporte alors désistement de l’instance et extinction de celle-ci. Le tribunal tire les conséquences de cette qualification en prononçant l’extinction et son propre dessaisissement. Cette application littérale de la loi procédurale démontre une rigueur formelle. Elle respecte la volonté des parties tout en assurant la sécurité juridique.

La décision se distingue cependant par son traitement des frais. Le tribunal « dit que chaque partie conservera la charge de ses frais et dépens ». Cette solution mérite analyse. En principe, l’article 696 du code de procédure civile dispose que les dépens sont à la charge de la partie perdante. Ici, il n’y a pas de perdant au sens strict. Le désistement met fin au litige sans qu’un jugement sur le fond n’intervienne. La solution adoptée s’écarte donc de la règle de condamnation aux dépens. Elle semble reposer sur une appréciation équitable. Le demandeur, à l’origine de l’instance, y met fin. Le défendeur accepte cette fin sans contrepartie. Chacun supporte ses propres frais, ce qui paraît équilibré. Cette approche est fréquente en pratique pour les désistements acceptés. Elle évite d’alourdir les conséquences financières pour le demandeur. Elle peut aussi inciter le défendeur à accepter le désistement, favorisant ainsi une fin consensuelle du procès.

La portée de ce jugement est avant tout d’espèce. Il rappelle utilement le mécanisme du désistement d’action accepté. Sa valeur réside dans la clarté de son raisonnement procédural. Le traitement des frais, bien que conforme aux usages, reste soumis au pouvoir discrétionnaire du juge. Rien n’interdirait à une autre juridiction d’allouer les dépens au demandeur, auteur du désistement. La solution retenue n’est donc pas impérative. Elle reflète une certaine souplesse dans l’application des textes. Elle privilégie l’équité entre les parties sur une application automatique des règles de fond. Cette décision illustre comment les juges peuvent adapter les principes procéduraux aux circonstances concrètes. Elle assure une gestion pragmatique de la fin de l’instance sans consacrer de nouvelle règle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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