Tribunal de commerce de Nanterre, le 23 janvier 2025, n°2024R01421

Le Tribunal des activités économiques de Nanterre, par ordonnance de référé du 23 janvier 2025, statue sur une demande en constatation de créances et en expulsion. Le bailleur sollicite la résolution d’une convention d’occupation précaire pour défaut de paiement. Le locataire ne comparaît pas. Le juge des référés accueille les demandes du bailleur. Il constate le caractère non contestable de l’arriéré et ordonne la libération des lieux. La décision soulève la question de l’office du juge des référés face à une absence de contestation sérieuse. Elle permet d’examiner les pouvoirs du juge pour accorder une provision puis d’en apprécier les conséquences procédurales.

Le juge use de ses pouvoirs pour constater l’absence de contestation sérieuse et accorder une provision. L’ordonnance rappelle les conditions de l’article 834 du code de procédure civile. Le créancier doit justifier d’une créance qui “ne se heurte à aucune contestation sérieuse”. Le juge relève que “les documents qui ne sont pas contestés […] établissent la réalité de la créance”. Cette appréciation in concreto fonde son intime conviction. Le défaut de comparution du débiteur renforce cette constatation. Le juge procède ensuite à la liquidation de la provision. Il retient le décompte produit par le bailleur, incluant le dépôt de garantie non versé. La décision statue “à titre de provision sur les indemnités d’occupation”. Elle évite ainsi une condamnation définitive sur le fond. Le juge des référés respecte ici la limite de sa mission provisoire.

Cette application stricte des textes produit des effets pratiques immédiats mais présente certaines limites. L’ordonnance permet une exécution rapide. Elle constate la validité du commandement et l’acquisition de la clause résolutoire. Le juge ordonne l’expulsion sous astreinte et la séquestration des biens. Ces mesures relèvent de l’article 835 du même code. Elles offrent au bailleur un instrument efficace pour recouvrer la jouissance de son bien. La décision comporte toutefois une faiblesse procédurale. Le juge statue sur une demande en constatation du caractère non contestable de la créance. Or, cette constatation équivaut à une présomption de validité en référé. Elle ne lie pas le juge du fond saisi ultérieurement. Le débiteur absent pourrait ainsi former une contestation sérieuse dans une instance au principal. L’ordonnance illustre l’efficacité du référé mais aussi son caractère précaire. Elle garantit une protection rapide sans préjuger définitivement des droits des parties.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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