Tribunal de commerce de Nanterre, le 21 janvier 2025, n°2017F01121

Le Tribunal des activités économiques de Nanterre, par jugement du 21 janvier 2024, constate un désistement d’action accepté par les défendeurs. Cette décision met un terme à une instance sans examen du fond. Elle soulève la question de l’articulation entre la volonté des parties et la souveraineté de la juridiction saisie. Le tribunal applique strictement les articles 384, 395 et 399 du code de procédure civile. Il constate l’extinction de l’instance et prononce la charge des dépens. Cette solution appelle une analyse de son fondement procédural et de ses implications pratiques.

Le jugement repose sur une application rigoureuse des conditions légales du désistement. L’article 395 alinéa 1 du code de procédure civile prévoit que le désistement est parfait si le défendeur l’accepte. Le tribunal relève que « les demandeurs déclarent à l’audience de ce jour se désister de l’action introduite » et que « les défendeurs acceptent le désistement ». Cette double volonté rend le désistement effectif. Le juge n’a plus qu’à en constater les effets juridiques. Il se borne à appliquer la loi sans pouvoir apprécier l’opportunité de la renonciation. Cette solution consacre le principe dispositif en procédure civile. Les parties maîtrisent librement l’introduction et l’extinction de l’instance. Le rôle du juge devient alors purement déclaratif. La décision illustre la force obligatoire d’un accord des volontés en matière procédurale. Elle écarte toute possibilité d’examen ultérieur du litige sur le fond.

La portée de cette décision est cependant limitée par son caractère strictement procédural. Le tribunal « constate le désistement d’action emportant désistement d’instance » et « en conséquence l’extinction de l’instance et le dessaisissement du tribunal ». Le jugement ne tranche aucun point de droit substantiel. Il n’a pas autorité de chose jugée au fond. Les parties pourraient éventuellement soulever le même litige dans une instance future. La décision précise que « chaque partie conservera la charge de ses frais et dépens ». Cette solution est conforme à l’article 399 du code de procédure civile. Elle évite de sanctionner financièrement la partie qui initie le désistement. Cette approche favorise les solutions négociées et désengorge les tribunaux. Elle peut cependant priver le juge d’un possible contrôle sur d’éventuels abus de droit. La décision reste une simple mesure d’administration judiciaire. Elle n’influence pas le droit matériel et sa valeur jurisprudentielle est faible.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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