Tribunal de commerce de Nanterre, le 16 janvier 2025, n°2023F01652

Le Tribunal des activités économiques de Nanterre, dans un jugement du 16 janvier 2025, constate le désistement d’action des demandeurs. Ce désistement, accepté par les défendeurs, met fin à l’instance. Le tribunal en tire les conséquences juridiques quant aux frais et dépens. Cette décision invite à analyser les conditions d’un désistement d’action accepté et ses effets sur l’instance.

**Les conditions de validité du désistement d’action**

Le désistement d’action, régi par l’article 384 du code de procédure civile, suppose une volonté non équivoque de son auteur. Le jugement relève que « les demandeurs déclarent à l’audience de ce jour se désister de l’action introduite ». Cette déclaration en audience constitue une manifestation claire de volonté, conforme aux exigences procédurales. Le texte ajoute que « les défendeurs acceptent le désistement ». L’acceptation du défendeur est une condition impérative pour que le désistement produise ses pleins effets extinctifs. Le tribunal applique strictement l’article 395 alinéa 1 du même code, en constatant que « le désistement est donc parfait ». Cette qualification juridique est essentielle. Elle signifie que le renoncement à l’action est définitif et emporte l’extinction de l’instance. Le juge vérifie ainsi le respect des conditions légales sans pouvoir s’y opposer.

La décision illustre le caractère conventionnel de l’extinction de l’instance dans cette hypothèse. Le tribunal se borne à constater un accord des volontés. Il n’exerce aucun contrôle sur les motifs du désistement. Sa mission se limite à authentifier la régularité formelle de l’acte. Cette passivité judiciaire est logique. Le désistement accepté relève d’un pacte de volontés entre les parties. Il met fin au litige de manière consensuelle. Le jipe devient alors un simple officier d’état civil de la procédure. Il enregistre la disparition de l’objet du litige.

**Les effets procéduraux du désistement parfait**

Le désistement parfait produit des effets immédiats et rigoureux. Le tribunal « constate le désistement d’action emportant désistement d’instance par les demandeurs ». La formule est traditionnelle. Elle rappelle que le désistement d’action, renonciation au droit substantiel, entraîne nécessairement le désistement d’instance. La conséquence en est l’ »extinction de l’instance et le dessaisissement du tribunal ». Le juge perd toute compétence pour statuer sur le fond. Il ne peut que tirer les conséquences financières de cette fin de procès. La décision ordonne ainsi que « chaque partie conservera la charge de ses frais et dépens ». Cette solution est conforme au principe posé par l’article 399 du code de procédure civile. Les frais restent à la charge de chaque partie, sauf accord contraire.

Le jugement liquide néanmoins les dépens à recouvrer par le greffe. Cette formalité est obligatoire. Elle concerne les frais irrépétibles dus à l’État. Elle ne remet pas en cause le partage des autres frais entre les parties. La décision apparaît ainsi comme une application mécanique de la loi. Elle n’innove pas mais rappelle utilement le régime juridique du désistement. Cette rigueur procure une sécurité juridique certaine. Elle évite toute contestation ultérieure sur l’existence ou les effets de l’accord. Le litige est éteint de manière définitive. Les parties ne pourront plus le ressusciter devant le juge.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture