Tribunal de commerce de Cannes, le 23 janvier 2025, n°2022F00247

Le Tribunal de commerce de Cannes, par jugement du 23 janvier 2025, statue sur les conséquences d’un désistement d’instance. Une banque avait initialement assigné un débiteur pour obtenir un titre exécutoire validant une hypothèque judiciaire provisoire. La mesure conservatoire ayant été ultérieurement annulée par un arrêt de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence du 24 octobre 2024, la banque se désiste de son action. Le défendeur accepte ce désistement mais réclame une condamnation aux dépens et une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Le tribunal doit donc déterminer les effets juridiques de ce désistement intervenu avant toute défense au fond, notamment quant à la charge des frais et à l’octroi d’une indemnité pour frais non compris dans les dépens.

La solution retenue est conforme aux dispositions du code de procédure civile. Le tribunal prend acte du désistement, le déclare parfait et constate l’extinction de l’instance. Il condamne la banque demanderesse à payer les dépens, conformément à l’article 399. Il alloue également au défendeur une somme au titre de l’article 700, qu’il fixe à 2000 euros. Ce jugement illustre l’application stricte du régime procédural du désistement et invite à en examiner les mécanismes puis les conséquences financières.

Le jugement applique avec rigueur le cadre légal du désistement d’instance. Le tribunal rappelle que “en toute matière le demandeur peut se désister de sa demande en vue de mettre fin à l’instance”. Le désistement est intervenu avant toute défense au fond, le rendant ainsi parfait au sens de l’article 395. Cette qualification entraîne nécessairement l’extinction de l’instance et le dessaisissement du juge. La solution est d’une clarté absolue et ne laisse place à aucune interprétation. Elle s’inscrit dans une jurisprudence constante qui fait du désistement un acte unilatéral de volonté ouvrant des effets automatiques. Le juge se borne à constater un état de droit et à en tirer les conséquences légales. Cette approche garantit la sécurité juridique et la célérité de la procédure. Elle évite tout contentieux superflu sur la régularité formelle du désistement dès lors que les conditions légales sont réunies.

La décision précise ensuite les implications financières de ce désistement. Le tribunal applique le principe selon lequel “le désistement emporte, sauf convention contraire, soumission de payer les frais de l’instance éteinte”. La banque, à l’origine de l’instance, supporte donc naturellement la charge des dépens. Le raisonnement est purement déductif et s’appuie sur l’absence de convention contraire produite. Par ailleurs, le tribunal use de son pouvoir d’appréciation pour allouer une indemnité distincte des dépens. Il “condamne la banque à payer au défendeur la somme de 2.000,00 euros au titre de l’article 700”. Cette somme, inférieure à celle réclamée par le défendeur, montre un exercice mesuré du pouvoir discrétionnaire. Le juge tient compte de l’extinction précoce de l’instance mais reconnaît l’existence de frais exposés. Cette décision équilibre les intérêts des parties sans pénaliser abusivement la demanderesse. Elle rappelle que le désistement, s’il met fin au litige, n’efface pas les conséquences procédurales déjà nées.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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