Tribunal de commerce de Bobigny, le 6 février 2025, n°2025P00086

La chambre commerciale du Tribunal judiciaire de Bobigny a rendu un jugement le 6 février 2025. Une société exerçant une activité de maçonnerie générale a déclaré la cessation de ses paiements le 13 janvier 2025. Le passif total était estimé à 1 030 215 euros et l’entreprise n’employait aucun salarié. Le tribunal, statuant en premier ressort, a été saisi aux fins d’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire. Il a constaté l’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement. Le tribunal a donc ouvert une liquidation judiciaire immédiate sans maintien d’activité. La question de droit était de savoir si les conditions légales pour une telle ouverture étaient réunies. Le jugement y a répondu positivement en prononçant la liquidation.

Le sens de cette décision réside dans l’application stricte des textes sur la cessation des paiements. Le tribunal relève que « le débiteur est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formule reprend exactement la définition légale de l’article L. 631-1 du code de commerce. La qualification est ainsi rigoureusement justifiée par l’existence d’un passif important et l’absence d’actif disponible. L’absence de salarié écarte toute complexité sociale. Le tribunal fixe aussi la date de cessation des paiements au 15 janvier 2024. Ce point est essentiel pour délimiter la période suspecte. La motivation apparaît concise mais suffisante au regard des éléments produits.

La valeur du jugement tient à son caractère presque prototype d’une liquidation inéluctable. L’appréciation souveraine des juges du fond sur l’absence de perspective de redressement est ici peu contestable. Aucune activité n’est maintenue, ce qui traduit un actif probablement négligeable. La décision semble correcte juridiquement et économiquement réaliste. Elle évite des procédures inutiles pour une entreprise manifestement en faillite. Le choix d’une liquidation immédiate préserve les intérêts des créanciers. Il respecte l’économie du droit des entreprises en difficulté.

La portée de cette décision est cependant limitée. Il s’agit d’une application standard de la loi sans innovation jurisprudentielle. Le jugement illustre le sort des très petites entreprises sans patrimoine. Sa valeur réside dans son exemplarité procédurale. La fixation de la date de cessation des paiements sur un impôt social impayé est une pratique courante. Elle confirme la jurisprudence constante sur le rôle des cotisations URSSAF comme indicateur. La décision n’apporte donc pas de nouveauté mais applique avec clarté un régime bien établi.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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