Tribunal de commerce d’Antibes, le 17 janvier 2025, n°2024J02297

Le Tribunal de commerce d’Antibes, par jugement du 17 janvier 2025, statue sur les conséquences d’un désistement d’instance. La demanderesse initiale se désiste de son action. La défenderesse n’est ni présente ni représentée à l’audience. Le tribunal prend acte de ce désistement et constate l’extinction de l’instance. Il met les dépens à la charge de la partie qui s’est désistée. La décision applique strictement l’article 396 du code de procédure civile. Elle soulève la question de l’effectivité du principe contradictoire lors d’un désistement face à une partie défaillante.

Le tribunal retient une application littérale des textes. Il “prend acte du désistement” et “constate l’extinction de l’instance” conformément à l’article 396. Le juge se déclare dessaisi. La solution est mécanique. Elle ne requiert aucun examen du fond du litige. La procédure s’éteint sans que le juge n’ait à contrôler la régularité du désistement. La charge des dépens est systématiquement supportée par la partie qui se désiste. Le raisonnement est purement procédural. Il écarte toute appréciation substantielle des droits des parties.

Cette approche garantit une célérité certaine dans le traitement des instances. Elle libère la juridiction d’un dossier sans objet. La sécurité juridique est préservée par le respect d’une procédure codifiée. Toutefois, l’absence de contradiction réelle peut être critiquée. La défenderesse, bien que défaillante, subit une décision affectant sa situation processuelle. Le droit à un procès équitable pourrait sembler négligé. La jurisprudence constante admet pourtant cette solution. Elle considère que l’extinction de l’instance ne porte pas atteinte aux droits substantiels de la partie absente.

La portée de ce jugement est limitée. Il s’agit d’une application classique d’une disposition procédurale bien établie. La solution ne crée pas de nouvelle règle. Elle confirme une pratique jurisprudentielle ancienne et constante. Le désistement met fin à l’instance sans préjuger du fond du droit. La partie qui s’est désistée conserve la possibilité d’agir à nouveau ultérieurement. Seul l’objet du litige actuel est éteint. Cette décision illustre la prééminence de l’économie procédurale dans le règlement des conflits. Elle rappelle que la volonté d’une partie peut mettre un terme au procès, même en l’absence de l’adversaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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