Cour d’appel de Versailles, le 5 octobre 2011, n°09/00154

La Cour d’appel de Versailles, dans un arrêt du 5 octobre 2011, a été saisie d’un litige né d’un jugement prud’homal du 28 septembre 2010. L’employeur avait formé un appel contre cette décision. En cours de procédure, les parties ont informé la juridiction d’un accord les ayant conduites au désistement de l’appel. La Cour a donc pris acte de ce désistement et s’est déclarée dessaisie. La question se pose de savoir quels sont les effets procéduraux d’un désistement d’appel accepté par la partie intimée. La solution retenue applique strictement l’article 403 du code de procédure civile, considérant que le désistement met fin à l’instance et dessaisit la cour.

L’arrêt illustre d’abord la mise en œuvre rigoureuse des dispositions du code de procédure civile. Le texte de l’article 403 est appliqué à la lettre : “le désistement d’appel met fin à l’instance”. La Cour se borne à “prendre acte” de la volonté unilatérale de l’appelant, dès lors que l’intimée l’accepte sans réserve. Cette approche formelle garantit la sécurité juridique. Elle évite toute prolongation inutile du litige. La solution respecte le principe dispositif qui régit la procédure civile. Les parties maîtrisent ainsi l’extinction de l’instance. La Cour ne conserve aucun pouvoir d’appréciation sur le fond de l’accord. Elle constate simplement l’accord des volontés. Cette rigueur procédurale assure une exécution rapide et pacifique des décisions de justice.

La portée de la décision dépasse cependant le strict cadre de l’espèce. Elle confirme une jurisprudence constante sur les effets du désistement. L’extinction de l’instance rend définitive la décision attaquée. Le jugement prud’homal acquiert ainsi l’autorité de la chose jugée. Cette solution peut paraître favorable à la paix sociale. Elle permet d’éviter l’aléa judiciaire d’un nouvel examen du litige. Toutefois, elle peut aussi soulever des questions d’équité. Le désistement résulte souvent d’une transaction financière. La partie la plus faible peut être incitée à renoncer à ses droits. La Cour ne contrôle pas l’équilibre de l’accord. Cette absence de contrôle mérite discussion. Elle place la célérité procédurale au-dessus de la justice substantielle. La solution est techniquement correcte mais peut être critiquée sur le plan social.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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