Cour d’appel de Versailles, le 5 octobre 2011, n°06/03640

Un salarié et son syndicat avaient saisi le Conseil de prud’hommes. L’employeur fut condamné par un jugement du 3 novembre 2010. Celui-ci forma appel devant la Cour d’appel de Versailles. Avant l’examen au fond, les parties conclurent un accord transactionnel. L’employeur se désista de son appel et le salarié accepta ce désistement. La cour fut saisie de cette situation procédurale. Elle devait déterminer les effets d’un désistement d’appel intervenu après une transaction. La question était de savoir si le juge d’appel devait constater l’extinction de l’instance sans contrôler l’accord. La Cour d’appel de Versailles, par un arrêt du 5 octobre 2011, a donné acte du désistement. Elle a constaté l’extinction de l’instance et s’est déclarée dessaisie.

La décision illustre le principe d’efficacité procédurale attaché au désistement. Elle révèle aussi les limites du contrôle judiciaire face à la volonté des parties.

**Le désistement d’appel, acte unilatéral consacrant l’autonomie procédurale des parties**

L’arrêt applique strictement les dispositions du code de procédure civile. Le désistement met fin à l’instance d’appel. La cour se borne à en tirer les conséquences légales. Elle “DONNE ACTE” du désistement et “CONSTATE l’extinction de l’instance”. Cette solution consacre la maîtrise par les parties de l’objet du litige. Elle respecte leur volonté de mettre un terme définitif à la procédure. Le désistement est un acte de disposition sur l’instance. Il relève de la seule volonté de l’appelant, sous réserve d’acceptation par l’intimé. Le juge n’a pas à apprécier les motifs de ce retrait. Son rôle se limite à en acter la régularité formelle. La cour applique ici une jurisprudence constante. Le désistement, une fois accepté, produit un effet extinctif immédiat. Il dessaisit le juge du fond du litige initial. La décision première devient ainsi définitive. Cette approche assure la sécurité juridique et la célérité de la justice.

**La transaction, cause extrajudiciaire échappant au contrôle du juge d’appel saisi d’un désistement**

L’arrêt soulève une question implicite quant au contrôle de la transaction. Les parties informent la cour qu’un “accord transactionnel” est la cause du désistement. Pourtant, la cour n’examine pas le contenu ni la validité de cet accord. Elle tire les conséquences procédurales du seul désistement. Cette solution isole le volet procédural du volet substantiel. Elle évite au juge de s’immiscer dans un accord conventionnel. La transaction, contrat de droit commun, possède son propre régime. Sa validité relève d’un éventuel contentieux distinct. Le juge d’appel saisi d’un désistement n’est pas compétent pour la vérifier. Cette dissociation peut être critiquée. Elle permet à une transaction potentiellement viciée de produire des effets procéduraux. Elle prive le juge d’un pouvoir de vigilance. La solution garantit cependant l’autonomie de la volonté. Elle favorise les règlements amiables en dehors du prétoire. La portée de l’arrêt est donc significative. Il valide une pratique courante où la transaction précède le désistement. Il confirme que le juge n’a pas à investiguer les causes privées du retrait de l’appel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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