Cour d’appel de Versailles, le 23 novembre 2011, n°07/00826

La Cour d’appel de Versailles, dans un arrêt du 23 novembre 2011, a été saisie d’un appel formé contre un jugement du Conseil de prud’hommes de Nanterre. L’appelante contestait initialement les conditions de sa rupture de contrat de travail. Une télécopie du 3 novembre 2011 a informé la juridiction du désistement d’appel de l’appelante, consécutif à un accord transactionnel. Les intimées ont accepté ce désistement. La cour a donc dû se prononcer sur les effets procéduraux de ce désistement en appel. Elle a donné acte du désistement, constaté l’extinction de l’instance et s’est déclarée dessaisie. L’arrêt illustre ainsi le régime juridique du désistement d’appel et ses conséquences sur l’instance.

**Le désistement d’appel, une manifestation souveraine de la volonté des parties**

Le désistement d’appel constitue un acte unilatéral de renonciation à la procédure d’appel. La cour rappelle que cet acte procédural met fin à l’instance en application de l’article 403 du code de procédure civile. La décision souligne le caractère discrétionnaire de cette renonciation, qui n’est subordonnée à aucune condition de fond. Elle constate que le désistement est intervenu suite à la conclusion d’un accord transactionnel entre les parties. Ce contexte factuel révèle la fonction pacificatrice du désistement, souvent instrument de règlement amiable des litiges. La juridiction se borne à en prendre acte, sans pouvoir en contrôler les motifs. Cette solution consacre la maîtrise procédurale des plaideurs sur leur instance.

L’efficacité du désistement est toutefois conditionnée par son acceptation par l’intimé. L’arrêt mentionne que “le conseil de l’intimé accepte ce désistement”. Ce formalisme est essentiel pour préserver les droits de la partie adverse. Il évite qu’un désistement unilatéral ne prive l’intimé d’un jugement favorable acquis en première instance. La cour vérifie donc cette acceptation avant de tirer les conséquences du désistement. Cette approche assure un équilibre entre la liberté de se désister et la sécurité juridique de l’intimé.

**Les effets du désistement : l’extinction définitive de l’instance d’appel**

Le principal effet du désistement est l’extinction immédiate de l’instance d’appel. La cour “constate l’extinction de l’instance et se déclare dessaisie”. Cet effet est automatique et rétroactif. Il anéantit la procédure d’appel comme si elle n’avait jamais été engagée. Le jugement de première instance acquiert ainsi l’autorité de la chose jugée. Les parties ne peuvent plus remettre en cause ce jugement par la voie de l’appel. La solution garantit la stabilité des situations juridiques et la fin définitive du litige sur ce chef.

La cour statue également sur les dépens, qu’elle laisse “à la charge de l’appelant”. Cette décision s’inscrit dans la logique de l’article 696 du code de procédure civile. Le désistement équivaut à un renoncement à l’action, rendant l’appelant responsable des frais engagés. Toutefois, l’arrêt emploie le terme “éventuels”, laissant ouverte la possibilité d’une convention contraire entre les parties. Cette précision témoigne du respect de la volonté des plaideurs, y compris sur les aspects financiers du procès. Elle confirme la dimension conventionnelle souvent sous-jacente au désistement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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