Cour d’appel de Versailles, le 2 novembre 2011, n°09/02479

La Cour d’appel de Versailles, le 2 novembre 2011, statue sur un désistement d’appel formé par un salarié dans le cadre d’un litige prud’homal. Le conseil de prud’hommes de Nanterre avait rendu un jugement le 17 septembre 2010. L’appelant informe la cour par lettre du 7 juillet 2011 de son désistement d’appel et d’instance. L’intimée ne formule aucune observation. La cour doit déterminer les effets procéduraux de ce désistement. Elle prend acte du désistement et constate l’extinction de l’instance. Elle laisse les dépens à la charge de l’appelant. L’arrêt illustre l’application stricte des règles civiles en matière de désistement devant la juridiction d’appel.

Le sens de la décision réside dans une application rigoureuse du code de procédure civile. La cour rappelle que “le désistement d’appel met fin à l’instance” en citant l’article 403 du code de procédure civile. Cette disposition est interprétée de manière automatique. Le désistement, une fois notifié et non contesté, produit un effet extinctif immédiat. La cour se borne à en tirer les conséquences logiques. Elle “donne acte” du désistement et “constate l’extinction de l’instance”. Le raisonnement est purement procédural et ne revient pas sur le fond du litige. La solution assure une clôture rapide de l’instance lorsque l’appelant renonce à poursuivre.

La valeur de l’arrêt tient à sa neutralité et à son respect du principe dispositif. La cour n’exerce aucun contrôle sur les motifs du désistement. Elle vérifie seulement la régularité formelle de la lettre et l’absence d’opposition de l’intimée. Cette approche consacre la liberté des parties de mettre un terme au procès. Elle évite également tout débat inutile sur le bien-fondé de la renonciation. Toutefois, cette rigueur peut sembler excessive dans le contentieux prud’homal. Le déséquilibre entre salarié et employeur pourrait justifier un examen plus attentif. La jurisprudence antérieure n’impose pourtant pas une telle protection dans cette phase procédurale.

La portée de la décision est limitée car elle applique une solution bien établie. Le désistement d’appel entraîne systématiquement l’extinction de l’instance. La cour de Versailles ne innove pas sur ce point. Elle suit une jurisprudence constante des chambres sociales et civiles. L’arrêt rappelle cependant l’importance de la volonté unilatérale en procédure d’appel. Il confirme aussi que les dépens restent à la charge de la partie qui se désiste. Cette solution incite à la prudence lors du lancement d’une procédure. Elle peut également favoriser les règlements amiables avant l’audience. En définitive, cet arrêt s’inscrit dans une logique de sécurité juridique et d’efficacité procédurale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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