Cour d’appel de Lyon, le 24 octobre 2011, n°10/06940

La Cour d’appel de Lyon, dans un arrêt du 24 octobre 2011, a été saisie d’un appel formé contre une ordonnance de non-conciliation. Cette ordonnance avait fixé les mesures provisoires dans le cadre d’une procédure de divorce. L’épouse sollicitait une révision de la pension alimentaire et l’attribution gratuite du domicile conjugal. Le premier juge avait fixé la contribution du père à 1150 euros mensuels et accordé la jouissance du logement à la mère sans gratuité. L’épouse soutenait une sous-évaluation des ressources de son conjoint. La Cour d’appel a confirmé le montant de la pension mais a accordé la jouissance gratuite du domicile. Elle a ainsi tranché la question de l’articulation entre contribution à l’entretien des enfants et attribution du logement familial.

**L’exigence de preuve des ressources dans la fixation de la pension alimentaire**

La Cour écarte la demande de réévaluation de la pension alimentaire. Elle constate que l’épouse perçoit un salaire et des prestations familiales. Les charges liées à la scolarité privée des enfants sont établies. Concernant le père, la Cour relève ses revenus déclarés et les montants perçus en 2010. Elle examine aussi son nouveau contrat de travail produisant un salaire net de 2420 euros. La Cour estime que “cet élément ne saurait suffire à émettre des hypothèses sur des revenus prétendument cachés”. Elle fonde ainsi sa décision sur les seuls revenus justifiés. Cette approche respecte le principe de la charge de la preuve. Elle évite toute spéculation sur d’éventuels revenus non déclarés. La solution protège le débiteur de demandes excessives. Elle peut toutefois complexifier la tâche du créancier. La preuve de ressources dissimulées reste difficile à rapporter. La Cour rappelle ici une application stricte des règles probatoires.

**La jouissance gratuite du logement comme modalité de contribution à l’entretien des enfants**

La Cour modifie sur ce point la décision du premier juge. Elle attribue à la mère la jouissance gratuite du domicile conjugal. Cette décision est prise “à titre de participation à l’entretien et à l’éducation des enfants”. La Cour opère ainsi une compensation. Le montant de la pension en espèces reste inchangé. La prise en charge d’une partie des frais du logement en constitue le complément. Cette solution pragmatique tient compte des charges supportées par le parent gardien. Elle assure la stabilité du cadre de vie des enfants. La Cour valide aussi le choix de la scolarisation en établissement privé. Elle note que ce choix “a procédé d’une décision de couple”. Le père ne peut le remettre en cause au stade de la séparation. L’arrêt illustre la souplesse des modalités de contribution. La pension peut revêtir une forme en nature. Cette approche favorise une adaptation aux spécificités de chaque situation familiale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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