Cour d’appel de Lyon, le 19 septembre 2011, n°11/04565

La Cour d’appel de Lyon, statuant en audience publique le 19 septembre 2011, a été saisie d’une requête en rectification d’erreur matérielle. La requérante sollicitait la correction de son nom patronymique, erronément mentionné dans un arrêt rendu par cette même cour le 2 juillet 2009. Le défendeur, régulièrement appelé, n’a formulé aucune observation. La cour a fait droit à cette demande en application de l’article 462 du code de procédure civile. Elle a constaté l’existence d’une erreur matérielle et ordonné la substitution de l’identité correcte dans l’intégralité de la décision antérieure. Cette affaire invite à réfléchir sur les conditions d’application du mécanisme de rectification des erreurs matérielles.

La décision illustre d’abord le caractère subsidiaire et formel de la procédure de rectification. L’article 462 du code de procédure civile permet de réparer « les erreurs ou omissions matérielles ». La cour a retenu ce fondement pour intervenir. Elle a vérifié la matérialité de l’erreur en se fondant sur un extrait du registre des naissances. Cette pièce établissait de manière certaine le nom patronymique de l’intéressée. Le juge a ainsi opéré une distinction nette entre l’erreur matérielle et l’erreur de droit. La première affecte l’expression de la pensée du juge sans la modifier. La seconde relève du fond du litige et ne peut être corrigée par cette voie. La solution est conforme à une jurisprudence constante. La Cour de cassation rappelle que la rectification ne doit pas altérer le dispositif de la décision. Elle ne peut servir à réviser un jugement sur le fond. La cour d’appel a donc strictement cantonné son intervention à la correction d’une inexactitude formelle. Cette approche garantit l’autorité de la chose jugée.

L’arrêt soulève ensuite des questions pratiques sur la mise en œuvre et les effets de la rectification. La procédure est ouverte à toute partie ou même au juge d’office. Elle n’est soumise à aucun délai. La cour a statué par un arrêt spécifique, distinct de la décision initiale. Elle a ordonné que la rectification soit mentionnée sur la minute et les expéditions. Cette formalité est essentielle pour assurer la cohérence des actes. Elle évite toute contradiction entre la décision rectifiée et son officialisation. La cour a également précisé que la décision rectificative serait notifiée comme l’arrêt originel. Cette mesure assure le respect du principe du contradictoire. Les dépens ont été laissés à la charge du Trésor public. Cette solution est logique dès lors que l’erreur procède de l’activité juridictionnelle. Elle ne pénalise pas la partie qui a dû engager la procédure pour la corriger. La portée de l’arrêt est cependant limitée. Il ne remet pas en cause le bien-fondé de la décision de 2009. Il se borne à en rétablir la formulation exacte. Cette sécurité procédurale est indispensable à la bonne administration de la justice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture