Cour d’appel de Douai, le 12 juillet 2011, n°11/04082

La Cour d’appel de Douai, dans un arrêt du 12 juillet 2011, se prononce sur une requête en rectification d’erreur matérielle. L’ordonnance du juge aux affaires familiales du Tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer, en date du 30 juillet 2010, avait fixé une pension alimentaire et accordé la jouissance gratuite d’un immeuble commun. Par un arrêt du 26 mai 2011, la Cour d’appel avait confirmé cette ordonnance. La requérante soutient que le dispositif de cet arrêt contient une erreur matérielle. Elle demande sa rectification. Le défendeur ne forme pas d’observation contraire. La Cour accueille la requête. Elle rectifie le dispositif de l’arrêt du 26 mai 2011. Elle réforme l’ordonnance du juge de la mise en état. Elle rejette la demande de suppression de la pension alimentaire. Elle maintient la jouissance gratuite de l’immeuble commun. La question se pose de savoir dans quelle mesure une erreur matérielle affectant le dispositif d’un arrêt peut être rectifiée. L’arrêt rappelle que la rectification est possible lorsque les motifs sont clairs. Il affirme aussi la force obligatoire d’un accord entre époux sur la jouissance d’un bien commun.

L’arrêt illustre d’abord le régime procédural de la rectification des erreurs matérielles. Il en précise ensuite les effets sur les obligations alimentaires et la jouissance des biens.

**La rectification d’une erreur matérielle procède d’une exigence de cohérence entre les motifs et le dispositif.** La requête invoque une divergence entre ces deux éléments. Les motifs de l’arrêt du 26 mai 2011 condamnent le défendeur au versement d’une pension. Ils constatent aussi un accord des époux sur la jouissance gratuite. Le dispositif confirmait pourtant l’ordonnance attaquée. La Cour relève que cette confirmation résulte d’une “erreur purement matérielle”. Elle fait ainsi droit à la requête en rectification. La solution s’inscrit dans le cadre de l’article 462 du code de procédure civile. Cette disposition permet de corriger les erreurs et omissions matérielles. La jurisprudence en interprète strictement le champ d’application. Elle exclut toute modification substantielle du sens de la décision. L’arrêt rappelle cette limite. Il fonde sa décision sur la clarté des motifs. Ceux-ci rendent manifeste l’intention des juges du fond. Leur contradiction avec le dispositif justifie la rectification. La Cour opère ainsi un contrôle de cohérence interne. Elle garantit la sécurité juridique des parties. Elle évite un pourvoi inutile pour vice de forme. Cette approche est classique. Elle respecte l’autorité de la chose jugée. Elle ne remet pas en cause le fond du débat. La rectification restaure simplement la conformité de la décision à la volonté des juges.

**La rectification opérée permet de réaffirmer le principe de l’obligation alimentaire et la force des accords entre époux.** Le dispositif rectifié rejette la demande de suppression de la pension. Il maintient l’attribution gratuite de la jouissance du logement familial. Sur le premier point, la Cour valide l’analyse des premiers juges. Le devoir de secours trouve son fondement dans l’article 212 du code civil. Son montant dépend des besoins du créancier et des ressources du débiteur. L’arrêt ne discute pas de ces critères. Il se borne à constater le bien-fondé de la condamnation. La rectification écarte toute ambiguïté sur ce point. Sur le second point, la solution mérite attention. L’arrêt considère que “l’attribution de la jouissance de l’immeuble commun à titre gratuit relevait d’un accord des époux qui ne pouvait être remis en cause”. Cette formule soulève une difficulté. L’article 1751 du code civil organise l’attribution préférentielle de la jouissance du logement familial. Il la subordonne à des décisions de justice. La référence à un accord des époux semble déroger à ce cadre. La jurisprudence admet pourtant que les conventions des époux puissent compléter le régime légal. L’arrêt en tire les conséquences. Il estime que l’accord, une fois intervenu, lie les parties. Il ne peut être unilatéralement dénoncé. Cette solution protège la sécurité du logement de l’époux bénéficiaire. Elle favorise aussi les arrangements amiables. Elle évite des contentieux secondaires. La rectification permet ainsi de sauvegarder deux principes essentiels du droit de la famille. Elle assure la pérennité de la pension alimentaire. Elle consacre aussi la force obligatoire des accords conclus pendant l’instance.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture