Tribunal de commerce de Nanterre, le 28 janvier 2025, n°2024F01872

Le Tribunal des activités économiques de Nanterre, par jugement du 28 janvier 2025, constate un désistement d’action et prononce l’extinction de l’instance. Le demandeur s’est désisté avant toute défense au fond du défendeur. La juridiction applique l’article 395 alinéa 2 du code de procédure civile. Elle estime que l’acceptation du défendeur n’est pas requise en l’espèce. Le jugement ordonne enfin la charge des dépens pour chaque partie.

Cette décision illustre le régime procédural du désistement d’action en l’absence de défense au fond. Elle en précise les conditions d’efficacité et les conséquences sur l’instance.

**Le désistement d’action, un acte unilatéral en l’absence de défense au fond**

Le jugement rappelle le principe d’un désistement soumis à l’acceptation de la partie adverse. L’article 384 du code de procédure civile dispose que le désistement d’action est accepté par le défendeur. Le texte prévoit une exception notable à ce principe général. L’article 395 alinéa 2 prévoit en effet une hypothèse spécifique. Le désistement devient un acte unilatéral lorsque le défendeur n’a pas encore présenté ses conclusions. La juridiction constate cette situation procédurale. Elle relève qu’“à ce stade de la procédure, il n’a été présenté oralement aucune défense au fond”. L’application de l’exception est donc justifiée par l’état de l’instance. Le demandeur retrouve ainsi une liberté procédurale étendue. Il peut mettre un terme au litige sans obtenir l’accord de son adversaire. Cette solution favorise une économie de moyens juridictionnels. Elle évite aussi des débats inutiles lorsque l’une des parties renonce à l’action.

La portée de ce désistement est immédiate et définitive. Le tribunal en tire toutes les conséquences juridiques. Il constate que le désistement emporte “désistement d’instance” et “extinction de l’instance”. Le lien entre le désistement d’action et l’extinction de l’instance est ainsi affirmé avec netteté. Le jugement précise également le dessaisissement de la juridiction. Cette rigueur dans l’application des textes garantit la sécurité juridique. Elle met un terme définitif au litige sans possibilité de rouvrir la même instance. Les parties sont libérées de l’obligation de poursuivre la procédure. Cette analyse respecte la volonté du demandeur et l’économie du code de procédure civile.

**Les conséquences du désistement sur la charge des dépens et la clôture du litige**

Le jugement statue sur les conséquences financières du désistement. Il applique le principe de la charge des dépens pour chaque partie. Le tribunal “dit que chaque partie conservera la charge de ses frais et dépens”. Cette solution mérite une analyse attentive. Elle semble s’écarter de l’article 400 du code de procédure civile. Ce texte prévoit en principe la charge des dépens pour la partie qui se désiste. La jurisprudence admet toutefois des atténuations à cette règle. Le juge dispose d’un pouvoir d’appréciation pour répartir les dépens. La décision choisit ici une répartition parfaitement égalitaire. Cette approche peut se justifier par les circonstances de l’espèce. Le défendeur n’ayant pas encore engagé de défense substantielle, ses frais restent limités. Une condamnation du demandeur pourrait apparaître disproportionnée. Le choix du tribunal préserve ainsi un certain équilibre entre les parties. Il évite de pénaliser excessivement la renonciation à l’action.

La décision présente enfin une valeur pédagogique certaine. Elle rappelle avec clarté le régime du désistement avant toute défense. Cette solution jurisprudentielle est bien établie. La Cour de cassation a déjà eu l’occasion de la confirmer. Elle considère que l’absence de conclusions au fond rend le désistement immédiat. Le jugement s’inscrit donc dans une ligne jurisprudentielle cohérente. Il en applique les principes avec une rigueur méthodique. Cette décision d’espèce n’innove pas sur le plan du droit positif. Elle illustre cependant une application concrète des règles procédurales. Son intérêt réside dans sa précision et sa lisibilité. Elle constitue un rappel utile des mécanismes de clôture de l’instance. La simplicité du dispositif ne doit pas masquer la maîtrise technique du droit de la procédure civile.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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