Cour d’appel de Lyon, le 12 décembre 2011, n°10/04665

La Cour d’appel de Lyon, dans un arrêt du 12 décembre 2011, a été saisie d’un appel contre un jugement aux affaires familiales. Ce jugement avait fixé la résidence d’un enfant chez son père et imposé à la mère une pension alimentaire. L’appelante n’a pas déposé de conclusions en appel. La cour a confirmé intégralement la décision première. Elle a aussi sanctionné un appel abusif par une amende civile et des dommages-intérêts. La question se pose de savoir comment la cour apprécie l’absence de conclusions en appel. Il convient d’examiner la sanction procédurale de l’appel non motivé puis la condamnation pour appel abusif qui en découle.

La cour tire des conséquences rigoureuses de l’absence de conclusions de l’appelante. Le jugement attaqué avait modifié les modalités de l’autorité parentale. La mère, désormais débiteur d’une pension, forma appel. La Cour d’appel de Lyon relève qu’elle “n’a pas conclu au soutien de son appel”. Elle en déduit que l’appelante “a montré qu’elle n’a aucune critique sérieuse à formuler”. L’article 954 du code de procédure civile impose normalement des conclusions. Le défaut de conclusions équivaut ici à un désintérêt pour la procédure. La cour estime que le premier juge a fait “une exacte appréciation des circonstances”. La confirmation du jugement devient alors inéluctable. Cette approche est sévère mais logique. Elle préserve l’efficacité de la justice et décourage les appels dilatoires. La solution protège la stabilité des décisions concernant l’enfant.

L’absence de motivation active permet ensuite de qualifier l’appel d’abusif. La cour retient que l’appelante a “fait dégénérer en abus l’exercice de cette voie de recours”. L’article 559 du code de procédure civile fonde l’amende civile prononcée. La cour ajoute une condamnation à des dommages-intérêts distincts. Elle estime que l’intimé a subi “un préjudice moral” par une comparution “tout à fait inutile”. Ce préjudice est distingué des frais irrépétibles. La jurisprudence admet généralement l’amende civile pour abus. L’octroi de dommages-intérêts spécifiques est plus remarquable. Il marque une volonté de réparer intégralement le trouble causé. Cette sévérité peut se justifier en matière familiale. Les procédures répétées nuisent à l’intérêt de l’enfant. La décision rappelle que le droit au recours n’est pas un droit à l’obstruction. Elle sanctionne un comportement processuel passif mais préjudiciable.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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