Cour d’appel de Douai, le 19 février 2026, n°26/00706

Un arrêt rectificatif a été rendu par la Cour d’appel de Douai le 19 février 2026. Il concerne une erreur matérielle dans le dispositif d’un arrêt du 23 janvier 2025. Cet arrêt initial statuait sur une demande d’indemnité d’occupation après la fin d’un bail commercial. Le bailleur demandait le paiement d’une indemnité à compter du 1er janvier 2024. La cour avait fait droit à cette demande dans ses motifs. Le dispositif mentionnait par erreur la date du 1er janvier 2025. Le preneur a introduit une requête en rectification d’erreur matérielle. La société baileresse n’a présenté aucune observation. La juridiction devait déterminer si cette divergence constituait une erreur matérielle rectifiable. Elle a accueilli la requête et ordonné la rectification. La question est de savoir comment l’erreur matérielle est caractérisée et rectifiée en procédure civile.

L’arrêt illustre d’abord une application stricte des conditions de la rectification. L’article 462 du code de procédure civile vise les erreurs ou omissions matérielles. La cour constate une contradiction entre les motifs et le dispositif. Les motifs retiennent clairement la date du 1er janvier 2024. Ils s’appuient sur les conclusions des parties et des faits précis. L’absence du preneur à l’état des lieux le 3 janvier 2024 est relevée. Le dispositif mentionne pourtant l’année 2025. La cour estime que cette divergence « s’analyse en une erreur matérielle ». Elle applique une conception objective de l’erreur. L’erreur ne porte pas sur l’intention des juges mais sur la retranscription. La rectification rétablit la cohérence interne de la décision. Elle ne remet pas en cause le raisonnement juridique sur le fond du litige.

Cette décision confirme ensuite la nature purement formelle de la procédure de rectification. La cour rappelle que la société défenderesse « n’a présenté aucune observation ». L’absence de contradiction permet une instruction simplifiée. La juridiction statue sans audience conformément à l’article 462 alinéa 3. La rectification est prononcée par une mise à disposition au greffe. L’arrêt rectificatif ne modifie pas le sens de la condamnation initiale. Il en précise seulement l’étendue temporelle. La mention sera portée en marge de la minute originale. Cette procédure garantit l’exactitude formelle des décisions de justice. Elle assure la sécurité juridique sans prolonger indûment le procès.

La portée de l’arrêt est cependant limitée par son caractère incident. La rectification d’erreur matérielle est une voie étroite. Elle ne permet pas de contester le bien-fondé de la décision. Seules les inexactitudes purement matérielles sont visées. La chambre civile de la Cour de cassation contrôle strictement cette condition. La solution ici est conforme à une jurisprudence constante. Elle évite les détournements de procédure pour réexaminer le fond. L’arrêt rappelle l’importance de la cohérence entre les motifs et le dispositif. Cette cohérence est essentielle à l’autorité de la chose jugée. Toute divergence manifeste peut être corrigée par cette voie rapide.

L’appréciation de cette décision révèle enfin une saine application des textes. La rectification opérée est justifiée et nécessaire. Elle ne prête pas à critique sur le plan procédural. La cour a correctement identifié une erreur de date. Cette erreur affectait la clarté exécutoire de la condamnation. La solution préserve les droits du créancier sans léser le débiteur. La date corrigée correspond aux demandes initiales et aux faits constatés. L’économie générale du procès est respectée. Cette décision technique illustre l’importance de la précision formelle en matière d’exécution. Elle souligne le rôle des juridictions dans la correction de leurs propres erreurs manifestes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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