Cour d’appel de Aix-en-Provence, le 5 février 2026, n°25/09774

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence, dans un arrêt du 5 février 2026, a déclaré irrecevable un appel formé contre une ordonnance de référé. Cette ordonnance avait constaté la résiliation d’un bail commercial et ordonné l’expulsion du locataire. Les appelants avaient ultérieurement déposé des conclusions pour désistement. La cour a relevé d’office le défaut de justification de l’acquittement du droit de timbre requis par l’article 963 du code de procédure civile. Elle a ainsi refusé de constater le désistement et a prononcé l’irrecevabilité de l’appel. La décision illustre le caractère d’ordre public de l’exigence du timbre d’appel et ses conséquences procédurales strictes.

**I. Une application rigoureuse des conditions de recevabilité de l’appel**

La cour applique strictement les textes régissant la contribution au fonds d’indemnisation des avoués. Elle rappelle que l’article 963 du code de procédure civile impose à l’appelant de justifier du paiement de ce droit, « à peine d’irrecevabilité de l’appel ». Le défaut de justification, constaté en l’espèce malgré plusieurs rappels, entraîne une sanction automatique. La cour souligne que cette irrecevabilité « est constatée d’office par le magistrat » et que « les parties n’ont pas qualité pour la soulever ». Cette lecture met en lumière le caractère d’ordre public de cette condition de recevabilité. La formalité est présentée comme une condition préalable à l’examen de toute prétention au fond, y compris une demande de désistement. La rigueur de ce mécanisme vise à garantir le financement du fonds d’indemnisation et à sécuriser la procédure d’appel.

**II. Une portée procédurale affirmée excluant toute régularisation ultérieure**

La décision consacre une portée procédurale particulièrement ferme. En déclarant l’appel irrecevable, la cour se refuse à examiner le désistement formulé par les appelants. Elle estime que « cette irrecevabilité de l’appel s’oppose à ce que, dans le cadre dudit appel, la cour puisse constater le désistement ». La logique est claire : un acte d’appel irrecevable n’existe pas valablement dans le débat judiciaire. Il ne peut donc supporter une quelconque modification procédurale. Cette solution prive les appelants de la maîtrise de l’extinction de l’instance. Elle confirme une jurisprudence sévère qui ne permet pas de régulariser l’omission après l’expiration du délai initial. L’arrêt rappelle ainsi la nature substantielle de cette obligation et son rôle de filtre à l’entrée de la procédure d’appel.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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