Article R321-3 du Code des procédures civiles d’exécution
Definition et application par la jurisprudence
Texte de loi
Article R321-3
Outre les mentions prescrites pour les actes d’huissier de justice, le commandement de payer valant saisie comporte : 1° La constitution d’avocat du créancier poursuivant, laquelle emporte élection de domicile ; 2° L’indication de la date et de la nature du titre exécutoire en vertu duquel le commandement est délivré ; 3° Le décompte des sommes réclamées en principal, frais et intérêts échus ainsi que l’indication du taux des intérêts moratoires ; 4° L’avertissement que le débiteur doit payer ces sommes dans un délai de huit jours, qu’à défaut de paiement, la procédure à fin de vente de l’immeuble se poursuivra et qu’à cet effet, le débiteur sera assigné à comparaître à une audience du juge de l’exécution pour voir statuer sur les modalités de la procédure ; 5° La désignation de chacun des biens ou droits sur lesquels porte la saisie immobilière, telle qu’exigée par les règles de la publicité foncière ; 6° L’indication que le commandement vaut saisie de l’immeuble et que le bien est indisponible à l’égard du débiteur à compter de la signification de l’acte et à l’égard des tiers à compter de la publication de celui-ci au fichier immobilier ; 7° L’indication que le commandement vaut saisie des fruits et que le débiteur en est séquestre ; 8° L’indication que le débiteur garde la possibilité de rechercher un acquéreur de l’immeuble saisi pour procéder à sa vente amiable ou de donner mandat à cet effet et la mention que cette vente ne pourra néanmoins être conclue qu’après autorisation du juge de l’exécution ; 9° La sommation, lorsque le bien fait l’objet d’un bail, d’avoir à indiquer à l’huissier de justice les nom, prénom et adresse du preneur ou, s’il s’agit d’une personne morale, sa dénomination et son siège social ; 10° L’indication qu’un huissier de justice pourra pénétrer dans les lieux afin de dresser un procès-verbal de description de l’immeuble ; 11° L’indication du juge de l’exécution territorialement compétent pour connaître de la procédure de saisie et des contestations et demandes incidentes y afférentes ; 12° L’indication que le débiteur qui en fait préalablement la demande peut bénéficier, pour la procédure de saisie, de l’aide juridictionnelle s’il remplit les conditions de ressources prévues par la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de cette loi ; 13° L’indication, si le débiteur est une personne physique, que s’il s’estime en situation de surendettement, il a la faculté de saisir la commission de surendettement des particuliers instituée par l’article L. 712-1 du code de la consommation. Si le créancier saisissant agit en vertu d’une transmission, à quelque titre que ce soit, de la créance contenue dans le titre exécutoire fondant les poursuites, le commandement vise l’acte de transmission à moins que le débiteur n’en ait été régulièrement avisé au préalable. Lorsque le commandement de payer valant saisie est signifié à la personne qui a consenti une hypothèque sur l’un de ses biens pour garantir la dette d’un tiers, le délai de sommation prévu au 4° est porté à un mois. Les mentions prévues au présent article sont prescrites à peine de nullité. Toutefois, la nullité n’est pas encourue au motif que les sommes réclamées sont supérieures à celles qui sont dues au créancier.
Source : Legifrance (DILA) – Licence Ouverte 2.0
Application par la jurisprudence
Nota bene — application de l’article R321-3 CPCE
– Les juges exigent un respect strict des mentions substantielles du commandement de payer valant saisie immobilière; l’omission d’une mention obligatoire entraîne la nullité si elle cause un grief au débiteur, et la charge de la preuve de la régularité pèse sur le créancier poursuivant.
– La jurisprudence contrôle également la clarté du décompte et l’exigibilité de la créance au jour du commandement et à l’audience d’orientation, n’hésitant pas à annuler ou à écarter la poursuite en cas d’insuffisances probatoires.
– Les irrégularités peuvent parfois être régularisées avant l’audience d’orientation, mais les contestations du débiteur sont enfermées dans des délais brefs et doivent être précisément motivées.
– En pratique, les juridictions rappellent que tout vice affectant l’information du débiteur (décompte, avertissements, délais) est scruté de près et peut faire tomber l’ensemble de la procédure.
Jurisprudence citant cet article
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