Article 375-5 – Code civil

Article 375-5 du Code civil

Définition et application par la jurisprudence


Texte de loi

Article 375-5

A titre provisoire mais à charge d’appel, le juge peut, pendant l’instance, soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d’accueil ou d’observation, soit prendre l’une des mesures prévues aux articles 375-3 et 375-4 . En cas d’urgence, le procureur de la République du lieu où le mineur a été trouvé a le même pouvoir, à charge de saisir dans les huit jours le juge compétent, qui maintiendra, modifiera ou rapportera la mesure. Si la situation de l’enfant le permet, le procureur de la République fixe la nature et la fréquence du droit de correspondance, de visite et d’hébergement des parents, sauf à les réserver si l’intérêt de l’enfant l’exige. Lorsqu’un service de l’aide sociale à l’enfance signale la situation d’un mineur privé temporairement ou définitivement de la protection de sa famille, selon le cas, le procureur de la République ou le juge des enfants demande au ministère de la justice de lui communiquer, pour chaque département, les informations permettant l’orientation du mineur concerné. Le procureur de la République ou le juge des enfants prend sa décision en stricte considération de l’intérêt de l’enfant, qu’il apprécie notamment à partir des éléments ainsi transmis pour garantir des modalités d’accueil adaptées. En cas d’urgence, dès lors qu’il existe des éléments sérieux laissant supposer que l’enfant s’apprête à quitter le territoire national dans des conditions qui le mettraient en danger et que l’un des détenteurs au moins de l’autorité parentale ne prend pas de mesure pour l’en protéger, le procureur de la République du lieu où demeure le mineur peut, par décision motivée, interdire la sortie du territoire de l’enfant. Il saisit dans les huit jours le juge compétent pour qu’il maintienne la mesure dans les conditions prévues au dernier alinéa de l’article 375-7 ou qu’il en prononce la mainlevée. La décision du procureur de la République fixe la durée de cette interdiction, qui ne peut excéder deux mois. Cette interdiction de sortie du territoire est inscrite au fichier des personnes recherchées.

Source : Légifrance (DILA) – Licence Ouverte 2.0

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Application par la jurisprudence

Nota bene — art. 375-5 C. civ. en pratique: les juges utilisent cette base pour aménager très concrètement les mesures d’assistance éducative, en fixant des modalités proportionnées au danger et à l’intérêt de l’enfant, comme des visites médiatisées, un maintien en accueil, des MJIE et un suivi psychologique, avec motivation serrée contrôlée en appel. La Cour de cassation exige en outre l’entretien individuel de l’enfant capable de discernement, à peine de censure, dans ce contentieux. Illustrations récurrentes: confirmation de placements ou d’AEMO lorsque le cadre parental reste insécurisant pour l’équilibre psychique de l’enfant, et précision des contacts parent-enfant selon l’intérêt supérieur de celui-ci. Enfin, quand l’enfant est confié à l’ASE, la jurisprudence rappelle l’étendue des responsabilités pratiques du service d’accueil sous le contrôle du juge des enfants.


Jurisprudence citant cet article

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