Chambre commerciale, Cour de cassation, le 30 novembre 1999, n° 96-21.708

Commentaire rédigé par l’IA

La décision rendue le 30 novembre 1999 par la Chambre commerciale de la Cour de cassation concerne un pourvoi en cassation formé par une demanderesse à l’encontre d’un arrêt de la cour d’appel de Montpellier. Le litige trouve son origine dans un contrat de prêt conclu entre une banque luxembourgeoise et une société française, avec des garanties hypothécaires fournies par des particuliers.

La demanderesse, devenue veuve, avait contesté un commandement de saisie immobilière émis par la banque prêteuse, soutenant que le prêt était nul en raison de l’absence d’agrément requis pour l’activité de prêt en France, conformément à la législation applicable. La cour d’appel a rejeté cette argumentation, soutenant que la validité du contrat de prêt était régie par le droit luxembourgeois et que l’absence d’agrément au moment de l’octroi du prêt ne pouvait affecter ce dernier.

En examinant le premier moyen de cassation, la Cour de cassation a relevé que, selon une décision antérieure de la Cour de justice des Communautés européennes, un État membre ne peut imposer à un établissement de crédit déjà agréé dans un autre État membre de se conformer à un agrément supplémentaire pour accorder des prêts sur son territoire, sauf si cela est justifié par des raisons d’intérêt général. La Cour a constaté que l’agrément en question était conforme aux exigences légales et qu’il était nécessaire pour assurer la protection des consommateurs et le bon fonctionnement du système bancaire.

La Cour de cassation a conclu que la cour d’appel avait méconnu les textes en ne tenant pas compte des conditions nécessaires à la validité de l’agrément au moment de l’octroi du prêt. Par conséquent, l’arrêt de la cour d’appel a été cassé et annulé dans toutes ses dispositions. La cause et les parties ont été renvoyées devant la cour d’appel de Nîmes pour être jugées à nouveau, tout en condamnant la banque aux dépens.

Cette décision illustre l’importance de l’harmonisation des règles régissant les activités bancaires au sein de l’Union européenne et la protection des consommateurs dans le cadre des opérations de crédit.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture