Cour de justice de l’Union européenne, le 16 janvier 2014, n°C-67/12

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu une décision le quatorze juin deux mille sept sanctionnant l’absence de transposition de normes environnementales. Cette affaire concerne précisément la mise en œuvre de la directive 2002/91/CE relative à la performance énergétique des bâtiments dans l’ordre juridique national. À la suite de l’expiration du délai imparti, les mesures législatives nécessaires n’avaient pas été intégralement adoptées par les autorités compétentes de l’État. La Commission européenne a donc introduit un recours en manquement afin de faire constater cette carence législative persistante devant la juridiction de Luxembourg. Le requérant soutenait que le retard accumulé violait les engagements souscrits tandis que la défense ne pouvait justifier utilement ce défaut de mise en œuvre. La Cour devait déterminer si le non-respect du calendrier de transposition pour les articles essentiels de la directive constituait un manquement aux obligations communautaires. Les juges ont déclaré que l’État membre a manqué à ses devoirs en n’ayant pas pris toutes les dispositions nécessaires dans le délai imparti. L’analyse de cette décision permet d’étudier la rigueur de l’obligation de transposition avant d’envisager les implications systémiques pour les politiques énergétiques nationales.

I. La caractérisation du manquement lié à l’absence de transposition intégrale

A. La sanction du dépassement du délai de mise en œuvre

Le manquement reproché à l’État membre repose sur le non-respect du calendrier législatif imposé par les autorités de l’Union pour l’application des normes. La Cour souligne que le retard dans l’adoption des mesures d’exécution constitue en soi une méconnaissance grave des traités européens liant les États. L’arrêt affirme qu’il importait de se conformer aux prescriptions « dans le délai prescrit » pour garantir une application uniforme du droit sur tout le territoire. Ce constat d’échec temporel ne souffre aucune dérogation liée à des difficultés internes ou des circonstances politiques particulières au sein de l’administration nationale.

B. L’exigence de complétude des mesures d’exécution nationales

La juridiction relève que la carence ne porte pas sur des détails mineurs mais sur des piliers structurants de la politique de performance énergétique. Les juges rappellent l’obligation de prendre « toutes les dispositions législatives, réglementaires et administratives nécessaires » pour assurer le plein effet des articles visés par le recours. Le manquement est caractérisé par l’absence d’un cadre normatif complet capable de régir efficacement les exigences techniques définies par le législateur de l’Union. Cette exigence de complétude matérielle interdit toute transposition partielle ou lacunaire qui laisserait subsister des zones d’ombre dans la protection de l’environnement.

II. La portée d’une condamnation garantissant l’efficacité des normes énergétiques

A. La réaffirmation d’une obligation de résultat stricte pour l’État

La solution retenue par la Cour réaffirme que les États membres sont tenus par une obligation de résultat dont ils ne peuvent s’émanciper unilatéralement. La décision précise que la Partie défenderesse « a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu de ces dispositions » en omettant d’agir avec diligence. Cette fermeté jurisprudentielle assure la primauté du droit de l’Union en empêchant les retards nationaux de compromettre les objectifs communs fixés par les directives. L’arrêt renforce ainsi la sécurité juridique pour les citoyens européens qui doivent pouvoir se prévaloir de normes protectrices et harmonisées dans chaque État.

B. L’intégration nécessaire des objectifs climatiques dans l’ordre juridique national

L’autorité de cette décision réside dans sa volonté d’accélérer l’intégration des préoccupations climatiques au cœur des législations immobilières et urbaines des pays membres. La condamnation aux dépens illustre la sanction financière et symbolique qui accompagne systématiquement la reconnaissance d’une violation caractérisée des engagements environnementaux pris collectivement. Ce rappel à l’ordre judiciaire incite les autorités nationales à réformer promptement leurs structures administratives pour éviter de nouvelles procédures contentieuses devant les juges de Luxembourg. La portée de l’arrêt dépasse le cas d’espèce en soulignant l’importance vitale d’une coopération loyale pour la réussite des politiques énergétiques communes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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