Chambre civile, Cour de cassation, le 17 octobre 2024, n° 21-19.903

Sommaire rédigé par la Cour de cassation

Il résulte de l’article L. 244-9 du code de la sécurité sociale que l’opposition, qui est une voie de recours exercée à l’encontre de la contrainte, n’a pas pour effet, par elle-même, de la mettre à néant

Commentaire d’arrêt rédigé par l’IA :

Commentaire d’arrêt de la Cour de cassation – Deuxième chambre civile, 17 octobre 2024

I. Présentation

Le 17 octobre 2024, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a rendu un arrêt de cassation partielle sans renvoi concernant le pourvoi formé par M. [N] contre un arrêt de la cour d’appel de Fort-de-France du 23 avril 2021, dans un litige l’opposant à la Caisse générale de sécurité sociale de la Martinique. Cette affaire a aussi donné lieu à un pourvoi incident de la part de la caisse.

Le contexte du litige réside dans l’opposition de M. [N] à une contrainte émise le 6 octobre 2014 par la caisse pour le recouvrement des cotisations et majorations de retard datant des trois derniers trimestres de 2013. La cour d’appel, estimant que les formalités avaient été respectées, a mis à néant cette contrainte, décision contestée par la caisse devant la Cour de cassation.

La question de droit portée devant la cour était de savoir si la régularité et le bien-fondé de la contrainte étaient suffisants pour valider son existence malgré l’opposition de M. [N]. La Cour de cassation a fait droit au pourvoi incident de la caisse et a cassé partiellement l’arrêt de la cour d’appel, validant ainsi la contrainte.

II. Analyse

A. Le sens de la décision

La décision de la Cour s’appuie sur l’article L. 244-9 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction antérieure à 2016, qui prévoit que l’opposition formée contre une contrainte n’annule pas automatiquement cette dernière à moins que des irrégularités ou un infondé ne soient prouvés par l’opposant. La Cour de cassation a donc retenu que la cour d’appel avait mal appliqué le droit en mettant à néant la contrainte bien qu’elle ait constaté sa régularité et son bien-fondé. La Cour de cassation a ainsi procédé à une interprétation littérale du texte en positionnant la régularité de la contrainte comme condition suffisante à sa validation.

B. La valeur de la décision

Sur le plan critique, la décision de la Cour de cassation corrige une erreur d’application du droit par la cour d’appel. En restituant l’autorité légitime de la contrainte, la Cour réaffirme le rôle de cette procédure spécifique dans le recouvrement des cotisations de sécurité sociale, opérant dans un cadre législatif précis. Cette décision renforce la sécurité juridique des organismes de sécurité sociale et leur capacité à recouvrer les cotisations sans remettre en cause des contraintes émises de manière régulière et fondées, à moins d’une démonstration d’irrégularités spécifiques.

Sur le plan pratique, la solution rendue pourrait être perçue comme plus rigoureuse pour les cotisants, lesquels doivent démontrer concrètement l’irrégularité d’une contrainte pour obtenir son annulation. Cette décision protège ainsi l’efficacité administrative des caisses dans la gestion des contributions sociales.

C. La portée de la décision

La portée de l’arrêt s’inscrit dans la continuité de la jurisprudence antérieure sur la question de la validité des contraintes dans le contentieux de la sécurité sociale. La Cour de cassation approfondit ici la rigueur exigée pour annuler une contrainte, mettant en exergue la primauté de leur régularité formelle et matérielle. Cette clarification renforce la doctrine majoritaire tout en demeurant dans le cadre législatif applicable antérieur à la réforme de 2016.

Cette décision pourrait influencer d’autres litiges similaires et réduire le nombre de cas où les contribuables contestent les contraintes simplement sur leur émission. Toutefois, elle laisse intact le droit à l’opposant de soulever des irrégularités effectives, ouvrant la voie à une redéfinition précise des contours et conditions de l’opposition. La confirmation de cette position par la Cour de cassation peut aussi impacter d’autres domaines, notamment les contentieux administratifs, en matière d’interprétation et d’application rigoureuse des textes sur les voies de recours.

En conclusion, cette décision réaffirme les pouvoirs des caisses générales de sécurité sociale en s’alignant sur une application stricte du cadre légal, sécurisant ainsi les procédures de recouvrement.

Texte intégral de la décision :

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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